3615 Memo

Memo Bank est la nouvelle banque indépendante pour les PME. Vous lisez notre rubrique 3615 Memo, dans laquelle nos banquiers répondent à vos questions.

Écrit par Brice Boulesteix

Publié le

Que fait Memo Bank au juste ?

Michel Galibert, notre directeur des opérations, répond aux questions que vous vous posez sur Memo Bank.

Que fait Memo Bank exactement ?

Comme notre nom le laisse deviner, Memo Bank est une banque. Nous sommes une vraie banque. Nous aidons les chefs d’entreprise à gérer leur trésorerie et à financer leurs projets — qu’ils aient besoin d’un crédit pour acheter des ordinateurs ou d’une autorisation de découvert pour faire face à des trous d’air ponctuels. Notre différence tient au fait que nous avons construit notre infrastructure technique intégralement en interne, ce qui nous permet de fournir les mêmes services qu’une banque ordinaire, avec plus de réactivité et moins de frais. Ouvrir un compte courant chez nous ne nécessite pas d’envoyer un courrier. Tout se fait en ligne, sans aucun papier à imprimer, ni formulaire à faxer. Vous nous transmettez les justificatifs qui vont bien — pièces d’identité, statuts, liasses fiscales… Puis vous obtenez votre IBAN Memo Bank et vous pouvez commencer à envoyer et recevoir des paiements dans la foulée. Comme nous pensons que les dirigeants attendent plus de leur banque qu’un simple site internet et une belle application mobile, nous avons aussi une équipe de chargés d’affaires, des banquiers qui peuvent venir à votre rencontre pour vous conseiller.

Quelle est votre vision de la banque ? En quoi croyez-vous ?

Nous pensons que les banques peuvent être un peu plus qu’un tiroir-caisse et les banquiers un peu plus que des passe-plats. Nous investissons donc dans deux secteurs un peu délaissés par les banques ces dernières années : les services de banque en ligne que nous proposons à nos clients et les outils internes que nous développons pour nos banquiers.

Pourquoi créer une nouvelle banque alors qu’il en existe déjà beaucoup ?

Il y a déjà beaucoup de banques, c’est vrai, et c’est tant mieux, car cela signifie que les clients ont le choix. Nous avons créé Memo Bank pour apporter un peu plus de choix à une catégorie bien particulière de clients : celle des dirigeants de petites et moyennes entreprises (PME). Nous n’avons pas lancé Memo Bank pour faire comme les grosses banques — c’est même plutôt l’inverse. Memo Bank est la banque que nous aurions aimé avoir à nos côtés dans nos précédentes aventures entrepreneuriales. Comme cette banque n’existait pas, nous avons décidé de la créer. Nous y avons mis tout ce qui nous a manqué par le passé dans les banques traditionnelles.

Et pourquoi servir les entreprises spécifiquement ?

C’est simple, nous considérons que les particuliers sont déjà bien traités par les banques — ils ont accès à de bonnes cartes bancaires à des tarifs relativement corrects. Les grands groupes et les indépendants nous semblent eux aussi bien servis par les banques. Les difficultés commencent pour les sociétés qui se trouvent à mi-chemin entre les indépendants et les grandes entreprises, c’est-à-dire les PME, les sociétés qui emploient entre 10 et 250 personnes et font entre 2 et 50 millions de chiffre d’affaires par an. Les PME n’ont pas accès aux services bancaires qu’elles méritent. Et pour cause : rien ne ressemble moins à une PME qu’une autre PME. Toutes les PME sont différentes les unes des autres, uniques dans leur fonctionnement, leurs besoins et leurs projets. Trop petites ou trop moyennes pour que les grosses banques leur proposent des services adaptés, les PME sont souvent considérées par les banques comme des grandes entreprises en plus petit (ce qu’elles ne sont pas). Les dirigeants de PME se retrouvent donc à devoir payer cher, pour des services bancaires inadaptés, trop lourds, trop lents, trop compliqués. Si nous n’avons pas la prétention de révolutionner la banque, nous souhaitons du moins changer l’expérience que les PME en ont.

J’ai entendu parler des « néo-banques » ? Qu’est-ce que ça signifie ? Est-ce que Memo Bank en est une ?

« Néo-banque » est un néologisme forgé par les nouveaux arrivants sur le marché de la banque en ligne. Ce terme regroupe toutes les entreprises qui proposent un compte bancaire et une carte de paiement aux particuliers ou aux entreprises — souvent à des tarifs très compétitifs et avec peu ou pas d’accompagnement humain. Nous ne reprenons pas le terme de « néo-banque » à notre compte chez Memo Bank, tout simplement car nous sommes une vraie banque, une banque à proprement parler, ce qui nous dispense du préfixe « néo- ». Je vous épargne les détails de la nomenclature établie par la Banque de France, mais pour le dire vite, seuls les établissements de crédit (autorisés à prêter de l’argent à leurs clients) peuvent se présenter publiquement comme des banques. Les « néo-banques » n‘étant pas des établissements de crédit (au sens de la Banque de France), le terme de « banque » leur est interdit — d’où leur recours à une appellation qui s’en approche, à savoir « néo-banque ».

Il paraît que vous ne prenez aucune commission de mouvement. De quoi s’agit-il pour commencer ? Et qu’est-ce que cela implique pour vos clients ?

Les commissions de mouvement sont des frais que les banques font payer aux professionnels à chaque fois que de l’argent quitte le compte de leur entreprise. Dès qu’un prélèvement ou un virement sortant a lieu sur le compte d’un professionnel, la banque prend des frais. Comme ces commissions s’appliquent à tous les mouvements débiteurs ayant lieu sur le compte, on parle de commissions de mouvement. Ces commissions peuvent être fixes (10 centimes d’euros par débit) ou relatives (0,15 % prélevés sur chaque débit). Puisqu’elles varient en fonction du nombre de transactions sur le compte, les commissions de mouvement ne coûtent jamais la même chose à une entreprise d’un mois sur l’autre, elles sont imprévisibles. Si leur existence était sans doute justifiée du temps où les virements nécessitaient une intervention manuelle (un fax ou un coup de fil) ; aujourd’hui, alors que tout est informatisé, la persistance des commissions de mouvement se discute. De notre côté, nous estimons que les dirigeants ne devraient pas attendre la fin du mois (quand la facture tombe) pour savoir combien leur banque va leur coûter. Pour redonner de la visibilité aux entrepreneurs, nous avons donc supprimé les commissions de mouvement. À la place, nous proposons des abonnements mensuels dont le prix est clair, connu à l’avance. Chacun de nos abonnements donne droit à un certain nombre de mouvements débiteurs (paiements ou prélèvements) par mois. Pour les entreprises dont les comptes sont très actifs, nous proposons même un abonnement « illimité », qui donne droit à un nombre illimité de débits chaque mois — un abonnement garanti sans aucune commission de mouvement, donc.

Quelle importance de payer 0 % sur chaque débit par rapport à 0,15 % par exemple ? La différence entre les deux n’est pas très importante, si ?

Oui, la différence entre 0 % et 0,15 % peut sembler faible sur le papier, c’est vrai. Mais sur la durée, elle n’est pas négligeable, loin de là. Si les taux des commissions de mouvement varient généralement entre 0,05 % et 0,20 % par transaction, ils peuvent atteindre 1 à 2 % dans certaines banques. Étant donné le volume de transaction propre aux entreprises, une différence de quelques dixièmes de point de pourcentage (prélevés sur chaque débit) peut facilement représenter des dizaines de milliers d’euros au bout de quelques années. Pour une PME qui réalise des millions d’euros de chiffre d’affaires et dont le compte courant est débité plusieurs fois par jour, c’est le genre de différence qui peut faire la différence. Prenons un exemple : imaginons qu’une PME dépense en moyenne 400 000 € par mois, sous la forme de paiement et de prélèvements divers. Si la banque de cette PME prend une commission de mouvement de 0,15 % sur chaque transaction débitrice, la PME en question va alors devoir payer 600 € de commissions de mouvement par mois, tous les mois, soit 7 200 € par an. Bien sûr, les banques prélèvent d’autres frais par ailleurs. Si nous insistons sur les commissions de mouvement, c’est parce que ces frais augmentent à mesure qu’une entreprise grandit. Ils s’apparentent à une taxe que les banques font payer aux entreprises. Comme nous sommes là pour aider les entreprises à grandir, nous avons supprimé cette taxe.

Même si vous ne prenez pas de commissions de mouvement, je suppose que vos services ne sont pas gratuits. Vais-je devoir lire un PDF de 160 pages pour savoir combien vous allez me facturer ?

Non, nos tarifs sont présentés sur notre site, sur une page consacrée à nos différents abonnements. Pas besoin d’éplucher des PDF pour savoir combien votre abonnement va vous coûter. Il vous suffit de choisir une formule parmi les 3 abonnements suivants :

  1. Un abonnement « basique », à 49 € par mois, qui permet de réaliser 20 débits par mois ;
  2. Un abonnement « plus », à 149 € par mois, qui offre 200 débits par mois et un compte courant rémunéré à hauteur de 0,15 % (jusqu’à 100 000 €).
  3. Un abonnement « illimité », à 399 € par mois, qui donne droit à un nombre illimité de débits chaque mois et un compte rémunéré à hauteur de 0,30 % (jusqu’à 200 000 €).

Très bien, très bien. Mais si j’ouvre un compte pour mon entreprise dans une « néo-banque », je paierai encore moins cher que chez vous, non ?

Certainement. Tout dépend du niveau de service que vous attendez et de votre aisance en matière de financement d’entreprise. Avez-vous besoin de l’aide d’un banquier pour gérer la trésorerie de votre PME ? Pensez-vous pouvoir démarcher une banque en urgence le jour où vous aurez besoin d’un crédit rapidement ? Souhaitez-vous confier votre compte courant à une banque qui maîtrise son système informatique ou à un établissement qui s’appuie sur les systèmes vieillissants d’une banque traditionnelle ? Si vous hésitez sur ces trois points, alors vous devriez peut-être regarder du côté des vraies banques, celles qui peuvent accorder des prêts à leurs clients, celles qui ont la main sur leur architecture technique — c’est notre cas.

Un banquier m’a dit que tous les dirigeants étaient contents de leur « néo-banque » jusqu’au jour où ils ont eu besoin d’un crédit.

Les « néo-banques » fournissent un excellent niveau de service, à des tarifs bien moins élevés que ceux des banques ordinaires. C’est leur principal argument commercial et il ne nous semble pas infondé. Malheureusement, pour fournir des services bancaires à moindre coût, les « néo-banques » n’ont pas vraiment d’autre choix que d’automatiser bon nombre de tâches, ce qui revient à limiter le nombre d’interactions avec un humain, le nombre de cas particuliers à traiter. Quand le prix d’un service est faible, la marge de manœuvre en cas de pépin ou d’urgence l’est aussi. Les dirigeants qui ont quitté leur banque pour rejoindre une « néo-banque » se sont retrouvés le bec dans l’eau quand ils ont eu besoin d’un crédit pour se donner de l’air en pleine crise sanitaire. Se passer d’une vraie banque est possible, bien sûr, mais vous avez intérêt à vous assurer que vous n’aurez jamais besoin d’un banquier ou d’un crédit — ce qui est hélas impossible à prévoir avec certitude. Comme nous considérons que la relation entre un dirigeant et sa banque doit s’inscrire dans la durée, nous faisons le nécessaire pour nous adapter aux changements de trajectoire de nos clients.

Vous venez de lancer votre banque. Tout ceci est très bien, mais pourquoi devrais-je confier la trésorerie de mon entreprise à une nouvelle banque qui vient à peine d’ouvrir ses portes ? Et que deviendrait mon argent si vous disparaissiez ?

Nous avons beau avoir ouvert nos portes en septembre, nous avons le même statut que la banque à qui vous avez déjà confié votre trésorerie. Nous sommes une banque, une vraie banque, comme votre banque actuelle, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs qu’elle. Très concrètement, si nous venions à disparaître, les sommes déposées sur votre compte Memo Bank seraient couvertes par le Fonds de garantie des dépôts et de régulation (FGDR), à hauteur de 100 000 € — comme dans n’importe quelle autre banque, puisque toutes les banques cotisent au FGDR. Si nous sommes un établissement indépendant, nous ne sommes pas seuls dans cette aventure pour autant. Nous avons la chance de pouvoir compter sur le soutien d’investisseurs institutionnels, comme Bpifrance (la banque publique d’investissement) et d’entrepreneurs renommés, comme Xavier Niel. Nous nous sommes aussi entourés d’experts qui font autorité dans le monde bancaire, comme Ronan Le Moal, l’actuel président de notre conseil de surveillance et ancien directeur du Crédit Mutuel Arkea.

Une partie de votre équipe vient d’entreprises technologiques, des entreprises connues pour prendre des risques et dépenser beaucoup en peu de temps. Avez-vous prévu de voyager en jet privé ou de claquer des millions pour vous payer une publicité avec Georges Clooney ?

Nous ne prévoyons pas de jeter notre argent par les fenêtres, non. Nous sommes une banque. À ce titre, nous sommes suivis de très près par le régulateur. La prudence n’est pas une option pour nous, y compris dans nos dépenses.

Comment comptez-vous survivre si vous facturez moins que les banques traditionnelles ?

Nous espérons attirer l’attention de nombreux chefs d’entreprise, notamment ceux qui souhaitent réduire leur facture bancaire sans aller jusqu’à se passer d’une vraie banque. Comme nous avons un système informatique moderne et des outils de gestion rapides, nos dépenses de fonctionnement sont moins élevées que celles d’une banque traditionnelle.

Si j’ouvre un compte chez vous, allez-vous m’appeler tous les quarts d’heure pour me vendre un nouveau produit ?

Si vous souhaitez nous joindre, vous pourrez le faire par e-mail ou par téléphone — sans devoir passer par un serveur vocal. Si vous préférez gérer votre trésorerie de votre côté, en ligne, vous pourrez le faire sur notre site web. Tout est conçu pour vous permettre de gérer vos comptes à votre rythme, quand vous voulez et d’où vous voulez.

Une dernière question plus personnelle pour vous Michel. De vous à moi : c’est une bonne situation ça, banquier ?

Vous savez, je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Si je devais vous résumer notre aventure en quelques mots, je dirais que c’est avant tout des rencontres, des gens qui nous ont tendu la main à un moment où nous avions pour projet de créer une nouvelle banque indépendante pour les entreprises, chose qui n’avait pas été réalisée en France depuis 50 ans.

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