3615 Memo

Memo Bank est la nouvelle banque indépendante pour les PME. Vous lisez notre rubrique 3615 Memo, dans laquelle nos banquiers répondent à vos questions.

Écrit par Rodolphe Rat

Publié le

Comment financer votre besoin en fonds de roulement pour sécuriser la croissance de votre entreprise

Les amateurs de nautisme savent qu’une course au large peut se gagner (ou se perdre) bien avant le départ. Ce qui se passe après le départ, en mer, relève bien sûr de l’aventure et réserve son lot d’aléas face auxquels les navigateurs doivent réagir rapidement, dans le feu de l’action. Mais ce qui se passe avant le départ importe au moins autant, car une traversée de continent à continent ne s’improvise pas au fil de l’eau. Une traversée nécessite de tracer une trajectoire et de choisir des vents favorables. Les navigateurs qui font l’impasse sur ce travail préalable à terre, amputent leurs chances de briller en mer.

Diriger une entreprise est une autre forme d’aventure, certes, mais une forme qui exige tout autant de préparer sa route, de fixer un cap. Viser la conquête de nouveaux marchés ne s’improvise pas en cours de route. Encore faut-il savoir où vous allez et de quelle autonomie vous disposez. Dans l’entreprise, c’est votre besoin en fonds de roulement (BFR) qui détermine votre autonomie. Bien identifier quel sera votre besoin en fonds de roulement (BFR) vous permettra de savoir jusqu’où vous pouvez aller. Une bonne connaissance de votre BFR vous permettra aussi de choisir des financements adaptés à vos besoins de trésorerie. C’est sans doute à ce prix qu’il est aussi possible de s’accorder les faveurs des vents de la réussite.

Comprendre le besoin en fonds de roulement

Précisons tout d’abord que le financement du besoin en fonds de roulement ne concerne pas toutes les entreprises. Deux cas de figure peuvent se présenter.

  1. Certaines structures disposent de fonds propres (l’argent que les associés ont apporté à leur entreprise) abondants, de sorte que ceux-ci suffisent à couvrir tous les besoins de leur cycle d’exploitation. Il en résulte d’ailleurs pour ces sociétés cash-rich un excédent de liquidités et la nécessité de trouver auprès de leur banque des solutions de placement de trésorerie.
  2. Il se peut également qu’un BFR soit négatif. Cette situation prévaut pour certains modèles d’affaires (business model) que l’on rencontre notamment dans des sociétés de service. Celles-ci peuvent en effet facturer et encaisser en amont de la réalisation de leurs prestations.

Ces deux cas, très spécifiques, demeurent toutefois marginaux. La grande majorité des PME sont le plus souvent confrontées à des décalages de trésorerie — une différence entre les entrées et les sorties de cash qui crée une situation de trésorerie négative. On appelle besoin en fonds de roulement la somme qui permet de combler ces décalages de trésorerie. À certaines phases du cycle d’exploitation, les recettes encaissées peuvent en effet être inférieures aux dépenses engagées. C’est pour combler ce vide momentané qu’il vous faudra quantifier le plus précisément possible un BFR et le financer au moyen de lignes de crédit court terme.

D’un exercice à l’autre, ce travail de mise en adéquation emplois/ressources peut devenir routinier lorsque l’activité de votre entreprise demeure stable. Estimer votre BFR n’a rien de sorcier quand vos encaissements et vos dépenses sont prévisibles. En revanche, à l’occasion d’une forte croissance, des ajustements seront nécessaires pour vous permettre de faire face à vos dépenses.

En 2021, le financement du BFR est plus que jamais un sujet d’actualité économique de premier plan. Après un recul du PIB de 8 % en 2020, la Banque de France prévoit un rebond supérieur à 5 % cette année. En sortie de crise sanitaire, il est désormais permis d’être optimiste quant aux perspectives de développement des entreprises. Celles-ci devront cependant renforcer leur trésorerie pour profiter de la reprise économique.

Le financement du BFR est un sujet sérieux

Innovations, diversifications, conquêtes de nouveaux marchés : trois piliers au service de la stratégie de développement d’une entreprise. Bien entendu, plus une entreprise se rapproche de ses objectifs commerciaux, plus son chiffre d’affaires progresse, et plus la question du financement de cette croissance devient pressante. Il est alors coutumier d’évoquer les besoins en fonds propres des PME, d’autant qu’une bonne assise structurelle sera le prérequis d’une croissance harmonieuse.

Pour autant, même si la recherche de ressources de longue durée permet de « muscler un fonds de roulement » (les fonds dont vous disposez pour financer votre exploitation courante) et par conséquent de renforcer votre trésorerie, il ne s’agit pas toujours d’une solution pertinente pour financer un cycle d’exploitation — soit l’ensemble des opérations que vous réalisez quotidiennement pour mener à bien votre activité, comme par exemple payer vos fournisseurs et encaisser vos créances clients.

En effet, allouer des ressources de courtes durées à des emplois (créances clients), en mobilisant des capitaux propres, ne relève pas toujours d’un bon calcul économique, pour les raisons suivantes :

  • Vos besoins de financement peuvent être ponctuels. C’est le cas lorsqu’ils sont par exemple liés à une commande exceptionnelle, ou lorsqu’il sont récurrents tout au long des douze mois de votre exercice comptable, ou encore lorsqu’ils sont cycliques, c’est à dire concentrés sur une période d’activité limitée à 3 ou 4 mois dans l’année.
  • Le coût d’une mobilisation de fonds propres (comme une augmentation de capital) sera définitif, impossible à ajuster au fil de l’eau, et parfois inadapté au coût du financement de votre cycle d’exploitation, qui lui varie en fonction de la saisonnalité de vos activités ou des aléas conjoncturels.

Dans cet article, nous allons nous concentrer sur les solutions qui visent à mettre en adéquation les postes emplois/ressources (par exemple vos créances clients à l’actif et vos dettes fournisseurs au passif) de bas de bilan, ou autrement dit à satisfaire le financement de votre besoin en fonds de roulement.

Financement du cycle d’exploitation et besoin en fonds de roulement : des réalités différentes selon les spécificités de votre activité

D’une entreprise à une autre, il n’est pas possible de définir un schéma type de financement du cycle d’exploitation. Votre besoin en fonds de roulement varie généralement selon la nature de vos activités. Cette réalité englobe de multiples critères :

  • la nature de votre entreprise, qui peut être industrielle, commerciale ou axée sur les services ;
  • la typologie de vos clients et de vos fournisseurs (BtoB ou BtoC) ainsi que leur situation géographique ;
  • vos procédures de facturations et de recouvrements de créances — qui peuvent se faire par espèces, chèques, traites, réception de virements SEPA ou internationaux.

Parce qu’il n’existe pas de solution unique pour consolider votre besoin en fonds de roulement, nous vous proposerons chez Memo Bank de vous apporter notre expertise afin de concevoir le financement le plus adapté à votre situation.

Structurer votre BFR pour concilier croissance et rentabilité

Votre carnet de commandes se remplit, vos relations avec vos clients et vos fournisseurs sont au beau fixe, et vous savez que votre chiffre d’affaires va augmenter. Même si tout semble rouler, vous devez malgré tout maîtriser votre croissance et anticiper les besoins de trésorerie qu’elle va engendrer — car la croissance de demain se finance aujourd’hui. À défaut de maintenir une bonne adéquation entre vos sources de financements et votre plan de développement, vous pourriez ne pas être en mesure d’honorer vos commandes. Pire, vous seriez dans l’impossibilité de concrétiser vos succès commerciaux.

Pour éviter ces écueils, vous devez structurer votre BFR. Ce travail préalable sera la clé de voûte de votre plan de trésorerie. L’enjeu pour vous sera triple :

  1. Ne pas vous retrouver à court de ressources entre le moment où vous devez payer vos fournisseurs et celui à partir duquel vous recevrez les règlements de vos clients ;
  2. Intégrer le coût du financement de votre cycle d’exploitation dans le calcul de votre marge commerciale ;
  3. User de l’effet de levier du crédit bancaire pour démultiplier vos affaires… et votre rentabilité.

En définitive, subvenir au financement de votre besoin en fonds de roulement nécessite que vous sollicitiez l’ouverture de lignes de crédit court terme auprès de votre banque. La démarche pourrait presque paraître anodine. Encore faut-il que vous sachiez quel type de financement demander, pour quelle durée, et pour quel montant ?

Faisons le point sur les solutions bancaires que vous pouvez mettre en œuvre pour aider votre entreprise à se développer.

Financer votre BFR avec des crédits court terme

Les financements court terme se déclinent en plusieurs catégories et sous-catégories. Il faut distinguer principalement les crédits de trésorerie stricto sensu, les mobilisations de créances commerciales, et les crédits sans décaissement, que l’on appelle également crédits par signature. Nous n’oublierons pas de réserver une place particulière aux opérations réalisées par une PME avec ses partenaires étrangers.

Les crédits de trésorerie

Dans cette première catégorie, peut-être la plus répandue, se rangent le découvert et la facilité de caisse. Quoiqu’il soit fréquent de confondre ces deux types de financement court terme, il convient cependant de les envisager différemment. Le découvert est une autorisation permanente, souvent renouvelée à intervalle régulier (généralement 1 fois par an). La facilité de caisse en revanche est limitée dans le temps, car elle permet de répondre à un besoin ponctuel de trésorerie — dû à la saisonnalité de l’activité par exemple.

Les mobilisations de créances

Le recours à la technique de mobilisation de créance vous permet de « monétiser » votre poste client (la somme de ce que vos clients vous doivent). Autrement dit, il s’agit d’accélérer le recouvrement de vos créances en cédant la propriété de celles-ci à un établissement bancaire. Sous un angle juridique, la mobilisation de créance est une opération triangulaire qui met en relation un créancier (le cédant), un établissement de crédit (le cessionnaire) et celui qui devra s’acquitter du paiement (le débiteur cédé).

Concrètement, contre remise d’une traite (lettre de change ou billet à ordre) ou d’une facture, votre banque vous versera immédiatement une somme d’argent sous déduction d’agios (l’intérêt que la banque vous facture en contrepartie du crédit qu’elle vous accorde). Cela vous permet de reconstituer immédiatement votre trésorerie, sans attendre l’échéance convenue avec votre client pour encaisser le paiement d’une prestation ou d’une vente de marchandises. Il est en effet d’usage à l’occasion d’échanges commerciaux de consentir des délais de règlement pouvant aller de 30 jours dans le cadre de la loi LME ou davantage (60 ou 90 jours) lorsque des clauses spécifiques ont été négociées entre les parties. La mobilisation de créance peut prendre différentes formes :

  • L’escompte de lettre de change (LCR) ou de billet à ordre (BOR) : ce mode de financement du BFR permet à une entreprise d’obtenir immédiatement le règlement d’un effet de commerce sans attendre son échéance.
  • Les avances dans le cadre de la loi DAILLY : cette opération est similaire à l’escompte à cela près que la banque avance de l’argent à son client contre remise d’une facture au lieu d’une traite.
  • L’affacturage s’apparente à une solution globale de financement du poste client. À la différence de la Loi DAILLY, qui peut ne concerner que des opérations de cessions ponctuelles.

Les crédits par signature

À défaut de conforter votre trésorerie en vous accordant un découvert ou en vous avançant une somme d’argent à l’occasion d’une mobilisation de créance, la banque peut vous éviter certains décaissements. Elle engage pour cela sa signature vis-à-vis d’un tiers auquel, sans son intervention, vous devriez verser une somme d’argent. On répertorie ainsi dans la catégorie des crédits par signature, toutes les cautions que les banques peuvent émettre pour le compte de leurs clients. Il s’agit notamment d’actes délivrés dans le cadre de l’exécution d’un marché, tels que :

  • des cautions de bonne fin ;
  • des cautions de sous-traitance ;
  • des cautions de restitution d’acompte.

Le financement du BFR pour les entreprises qui importent ou qui exportent

Les banques proposent aux entreprises qui importent et à celles qui exportent des financements adaptées à leurs besoins bien particuliers Comme les délais de règlements à l’international peuvent être particulièrement longs, les banques financent le BFR des importateurs et des exportateurs au moyen de financements qui ont pour particularité de sécuriser les transactions des entreprises en question. Ces concours court terme s’apparentent dans leur forme à ceux déjà énumérés. Ils peuvent occasionner un décaissement, engager la signature d’une banque, ou s’opérer par mobilisation de créance :

  • Les avances en devises : ce sont des opérations au travers desquelles les banques prêtent à des entreprises importatrices ou exportatrices des sommes d’argent exprimées en monnaies étrangères. Ce type de ligne de crédit permet aussi d’encadrer le risque de change. Les avances en devise seront le plus souvent adossées à une opération d’achat, ou à une vente à terme de la monnaie concernée. L’entreprise qui en bénéficie pourra ainsi s’assurer contre une variation des cours.
  • Les crédits documentaires : il s’agit d’une solution universelle dans le domaine du commerce international. Le crédit documentaire permet de sécuriser des transactions commerciales entre importateurs et exportateurs.
  • Les mobilisations de créances nées sur l’étranger (MCNE) : ce concours court terme reprend le mécanisme de la Loi DAILLY, mais il ne concerne que les créances nées dans l’hexagone. Le recours à la MCNE consiste donc à céder à une banque des créances détenues sur des clients étrangers afin de disposer immédiatement de liquidités qui seront avancées par la banque.

Comment convaincre votre banque de financer votre BFR

Les opérations de crédit occupent une large place dans l’activité des banques qui s’adressent aux PME — nous sommes bien placés pour le savoir. En avril 2021, à l’occasion d’une conférence de l’observatoire du financement des entreprises, Denis Beau, sous-gouverneur de la Banque de France, a révélé que la part du crédit bancaire dans l’endettement total des PME s’élevait à 85 % en 2019. Et si le financement des besoins court terme fait parfois figure de « parent pauvre » de l’ingénierie financière en comparaison des opérations de haut de bilan (celles qui consistent à vous financer sur le long terme pour acquérir des équipements ou même réaliser une opération de croissance externe) ou des crédits structurés, il s’agit pourtant d’une thématique au cœur de la relation entre le banquier et son client.

Mais avant de solliciter votre banque pour financer votre BFR, peut-être vous sera-t-il utile de savoir comment vous donner les moyens d’obtenir un accord de celle-ci.

Ce que regarde un banquier avant de financer un BFR

Obtenir de votre banquier des lignes adaptées au financement de votre besoin en fonds de roulement ne devrait pas être très compliqué pourvu que vous sachiez comment formuler votre demande auprès de lui. Chez Memo Bank nous nous faisons un devoir d’informer nos clients sur nos procédures pour faciliter leurs démarches et nos discussions avec eux.

Sachez que lors de l’étude de votre demande de financements court terme, votre banquier s’intéressera à deux sujets essentiels pour lui : savoir comment va évoluer votre trésorerie et ce qu’il va devoir financer. En réponse à sa première interrogation, il vous appartient de lui procurer un plan de trésorerie détaillé. Ce document prévisionnel doit mentionner vos entrées et sorties d’espèces et permettre d’appréhender les fluctuations de votre trésorerie à la hausse comme à la baisse. Il doit en outre permettre de démontrer la viabilité de vos activités et la capacité de votre entreprise à dégager des profits. Cela vous amènera à satisfaire le deuxième questionnement de votre banquier. Car celui-ci, en plus de s’intéresser à la nature des marchandises, des stocks, ou du cycle de fabrication, que les lignes de crédit qu’il va vous octroyer vont financer, veut aussi s’assurer qu’il ne financera pas des pertes. In fine, son objectif est toujours de savoir si vous serez en mesure de le rembourser.

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