Graphiques

Memo Bank est la nouvelle banque indépendante pour les PME. Vous lisez notre rubrique Graphiques, où nous faisons parler les données bancaires en les visualisant à l’aide de graphiques.

Écrit par Brice Boulesteix

Publié le

Pourquoi les frais bancaires sont moins prévisibles que les trains suisses

Si vous dirigez une PME, vous savez sans doute combien vous dépensez chaque mois pour payer votre loyer ou vos factures téléphoniques. Mais savez-vous combien vous dépensez en frais bancaires ? C’est tout de suite plus compliqué, n’est-ce pas ? Que le passage des saisons affecte votre chiffre d’affaires ou non, le montant de votre facture bancaire varie sans doute d’un mois sur l’autre, sans justification apparente.

Comment se fait-il que des frais aussi courants et aussi réguliers que les frais bancaires ne débouchent pas sur des factures claires, stables, prévisibles ? Et pourquoi les chefs d’entreprise doivent-ils attendre la fin de l’année avant de savoir combien leur banque leur a vraiment coûté ? Pour comprendre ce qui fait varier les factures bancaires, nous avons épluché les tarifs des banques traditionnelles françaises — oui, c’est un travail ingrat, mais il faut bien que quelqu’un le fasse. Cet article détaille les différents types de frais que les banques font payer aux entreprises et les compare avec les tarifs de Memo Bank.

Les frais fixes prélevés par les banques traditionnelles

Si les factures bancaires varient d’un mois sur l’autre, c’est parce que les banques facturent des frais variables, des frais dont le montant varie en fonction du nombre de transactions. Puisque les banques prélèvent des frais qui augmentent avec le nombre de transactions, on pourrait croire qu’une absence de transactions se traduirait par une absence de frais. Pas de transactions sur le compte, pas de frais. Logique, non ? Non. Enfin si, mais pas dans le monde des banques. Dans l’univers des banques, les frais variables ne sont pas les seuls frais qui existent. Les banques prélèvent aussi des frais fixes, des frais qui ne changent pas d’un mois sur l’autre. Ces frais fixes, incompressibles, sont facturés aux dirigeants quel que soit le volume de transactions sur le compte courant de leur entreprise. Voyez ça comme un loyer. Pourquoi parler ici de loyer ? C’est simple. Que leurs bureaux soient occupés ou non, les chefs d’entreprise paient un loyer, le même loyer tous les mois. Dans la banque, c’est pareil. Que leur compte courant soit utilisé ou non, les dirigeants paient des frais bancaires fixes, qui reviennent tous les mois, exactement comme un loyer.

Quels sont les frais fixes les plus courants ? Bien que toutes les banques diffèrent en matière tarifaire, elles prélèvent toutes (ou presque) les 4 frais fixes suivants :

  1. Les frais de tenue de compte. — Ces frais sont de loin les plus connus, car ils existent aussi chez les particuliers. Les frais de tenue de compte sont prélevés par la banque chaque mois, ou chaque trimestre, en échange de la mise à disposition d’un compte courant. Si vous trouvez que ces frais ressemblent à un loyer, fiez-vous à votre instinct.
  2. Les frais de banque à distance. — Rares chez les particuliers, les frais de banque à distance sont encore présents dans les offres bancaires destinées aux entreprises. Pour accéder à ses comptes sur Internet, une entreprise paye des frais spéciaux, appelés frais de banque à distance.
  3. Les frais d’actualisation administrative du compte. — Très proches des frais de tenue de compte, les frais d’actualisation du compte sont facturés chaque année par la banque. Leur montant peut varier en fonction du chiffre d’affaires de l’entreprise concernée. Dans la pratique, c’est le banquier qui décide.
  4. Les commissions de mouvement fixes. — Les commissions de mouvement prennent généralement la forme d’un pourcentage prélevé sur chaque transaction sortante (0,20 % par exemple). Ce sont des frais variables. Est-ce à dire qu’une entreprise dont le compte est peu actif ne paye pas de commissions de mouvement ? Non, hélas. Dans ce cas, l’entreprise dont le compte est peu actif paiera une commissions de mouvement minimum, une sorte de forfait mensuel, un montant fixe, plancher, qui lui sera facturé en fin de mois (15 € par exemple).

Si les 4 frais fixes ci-dessus se retrouvent dans toutes les banques, leur montant et leur répartition varient d’une banque à une autre. Par exemple, certaines banques ne prennent pas ou peu de frais d’actualisation du compte, mais elles compensent par des frais de tenue de compte plus élevés que la concurrence. Au total, avant même d’effectuer la moindre opération sur leur compte courant, les entreprises doivent payer 131,24 € de frais bancaires fixes chaque mois. Mais ce chiffre varie grandement d’un établissement à un autre. Sur le papier, les frais fixes prélevés par le Crédit du Nord sont par exemple 15 fois plus élevés que ceux de la Banque Postale.

Bien qu’elles facturent toutes les mêmes frais fixes aux entreprises, les grandes banques ne répartissent pas leurs frais de la même manière. Certaines préfèrent tout facturer sous la forme de frais de tenue de compte, quand d’autres optent pour une répartition équilibrée entre leurs différents frais fixes.

Les frais variables prélevés par les banques traditionnelles

En plus des frais fixes, qui leur assurent un minimum de revenus chaque mois, les banques ordinaires prélèvent aussi des frais variables, des frais dont le montant varie en fonction du volume de transactions sur le compte courant de l’entreprise. Les plus connus des frais variables sont les commissions de mouvement. De quoi s’agit-il ? À chaque fois que de l’argent quitte le compte courant d’une entreprise, que ce soit sous la forme d’un virement ou d’un prélèvement, la banque prélève des frais (0,15 % du montant sortant par exemple). Ces frais sont appelés des commissions de mouvement. Ils sont facturés à chaque fois qu’un mouvement (débiteur) a lieu sur le compte de l’entreprise. Voyez ça comme un péage, ou une taxe.

Si toutes les banques prennent un pourcentage sur chaque virement sortant (0,15 % par exemple), la plupart d’entre elles prennent aussi un montant fixe au passage (0,20 € par virement sortant par exemple). Dans ces conditions, une entreprise qui effectuerait un virement sortant de 100 € devrait donc payer 35 centimes de frais (15 centimes de frais variables et 20 centimes de frais fixes). Certaines banques, comme HSBC et le CIC vont même plus loin, puisqu’elles prennent des frais fixes (jusqu’à 0,40 €) sur tous les virements, qu’ils soient sortants (paiements) ou entrants (encaissements). À l’opposé du spectre, la Banque Postale et la Banque Populaire (parisienne) se distinguent en ne prélevant aucuns frais fixes sur les mouvements débiteurs de leurs clients — elles s’en tiennent à des commissions de mouvement variables.

En quoi les frais de Memo Bank sont différents

Nous n’avons pas lancé Memo Bank pour faire comme les banques traditionnelles. C’est même l’inverse. Nous estimons que les tarifs des banques devraient être aussi réguliers que les trains des chemins de fer suisses — ou ceux de la SNCF des années 1960-1970, si vous préférez un parallèle français. Pour donner de la visibilité aux chefs d’entreprise, nous avons donc conçu des tarifs qui ne varient pas d’un mois sur l’autre.

Voici ce que nous faisons pour simplifier les factures des PME :

  • Nous ne prenons pas de commissions de mouvement. Au lieu de ça, nous facturons un abonnement mensuel qui donne droit à un certain nombre de mouvements débiteurs (virements ou prélèvements) sur le compte, sans frais. Nous avons même créé un abonnement qui donne droit à un nombre illimité de mouvements débiteurs, ce qui en fait un abonnement garanti sans commissions de mouvement — chose qui n’existe dans aucune autre banque française (à notre connaissance).
  • Nous adaptons nos frais fixes à la taille de nos clients. Contrairement aux banques traditionnelles, qui imposent les mêmes frais fixes à toutes les entreprises, nos tarifs sont adaptés à la taille de nos clients. De cette manière, les petites entreprises payent moins cher que les grandes à la fin du mois.
  • Nous ne prélevons ni frais de tenue de compte, ni frais de banque à distance, ni frais d’actualisation administrative et juridique. À la place, nous facturons un abonnement mensuel, facile à suivre, dont le prix est connu à l’avance, comme les horaires des trains helvétiques.

Où Memo Bank se situe par rapport aux autres banques

Bien que nos 3 abonnements mensuels n’aient pas d’équivalent dans les banques ordinaires, nous avons tenté de comparer nos frais à ceux des grandes banques de la place, en nous inspirant de ce que vivent nos clients. Nous avons retenu 3 cas de figure, qui correspondent à 3 tailles d’entreprise différentes :

  1. Une petite entreprise qui fait 20 mouvements débiteurs par mois (16 virements sortants et 4 prélèvements), pour un total de 10 000 €.
  2. Une entreprise moyenne qui fait 100 mouvements débiteurs par mois (80 virements sortants et 20 prélèvements), pour un total de 200 000 €.
  3. Une PME très active qui fait 250 mouvements débiteurs par mois (200 virements sortants et 50 prélèvements), pour un total de 500 000 €.

Cas d’une petite entreprise (1)

Dans le cas d’une petite PME qui aurait besoin d’un simple compte courant sans fioritures, notre abonnement basique à 49 €/mois est moins cher que toutes les formules équivalentes proposées par les banques traditionnelles. Cela dit, 4 banques proposent des offres comparables à moins de 100 €/mois : la Banque Postale, la Banque Populaire (à Paris), le Crédit Coopératif, et le Crédit Mutuel.

Cas d’une entreprise moyenne (2)

Dans le cas d’une entreprise de taille moyenne, les commissions de mouvement prélevées par les banques traditionnelles commencent à peser sur la facture. C’est net. Si notre abonnement plus à 149 €/mois reste le moins cher, rares sont les banques dont les tarifs ne s’envolent pas à mesure que le volume de transactions augmente. Seul le Crédit Mutuel propose une facture mensuelle située sous la barre des 300 € dans ce cas de figure.

Cas d’une PME très active (3)

Dans le cas d’une PME bien structurée qui effectue pour 500 000 € de mouvements débiteurs chaque mois, l’absence de commissions de mouvement de notre abonnement illimité (à 399 €/mois) fait toute la différence. Grâce à des commissions de mouvement réduites (0,07 %), le Crédit Mutuel tire aussi son épingle du jeu et parvient à rester sous la barre des 500 € dans cette configuration.

Méthodologie

Nous avons épluché les brochures tarifaires des banques pour en extraire les frais les plus courants, que nous avons ensuite ramenés au mois, pour les harmoniser. Nous n’avons comparé que les frais bancaires les plus récurrents, ceux que payent à peu près toutes les entreprises, quelle que soit leur banque et quel que soit leur volume de transactions.

Dans nos calculs, nous avons laissé de côté tout ce qui pouvait augmenter la facture bancaire d’une entreprise. En clair :

  • Nous avons considéré que les dirigeants se contentaient d’un relevé bancaire en ligne. Les relevés papier étant la plupart du temps payants, les prendre au compte aurait alourdi la facture des banques.
  • Quand ils se présentaient sous la forme d’une fourchette, nous avons pris les frais d’actualisation du compte les plus bas, ceux qui coûtent le moins aux entreprises.
  • Nous avons considéré que les banques qui prenaient des commissions de mouvement minimum (5 € par mois par exemple) renonçaient à les prendre dès qu’elles pouvaient prendre plus de frais sous la forme de commissions de mouvement variables (0,20 % sur 3 000 € par exemple). Dans notre exemple, la banque prendra ainsi 6 € de frais grâce aux commissions variables, ce qui devrait (en théorie) la dispenser de prendre aussi 5 € de frais fixes au titre des commissions de mouvement minimum.
  • Nous n’avons pas pris en compte les frais liés aux encaissements, car ils peuvent varier d’une banque à une autre et d’un système d’encaissement à un autre.
  • Pour les banques dont les tarifs varient d’une caisse régionale à une autre (Banque Populaire et Crédit Agricole), nous avons sélectionné les tarifs de la caisse la plus proche de Paris, car, pour le moment, c’est en région parisienne que sont situés la plupart de nos clients.

Limites de l’exercice

Bien que certaines banques se soient lancées dans la téléphonie, nous savons que les chefs d’entreprise ne choisissent pas leur banque comme ils choisissent un forfait de téléphone mobile. Les tarifs ne font pas tout. Les prix sont importants, certes, mais la qualité du banquier, la fiabilité des services en ligne, et l’historique de la banque pèsent également dans la balance. Nous savons aussi que les frais indiqués dans les brochures tarifaires sont des frais théoriques, qui servent ensuite de base de négociation entre le client et son banquier. Pourquoi s’attarder sur les tarifs des banques alors ? Pour faire valoir un autre modèle de facturation. Si nous ne pouvons pas contraindre les banques ordinaires à baisser leurs tarifs, nous souhaitons tout de même montrer qu’une tarification plus prévisible est possible. Après tout, même les impôts et les assureurs y arrivent désormais, alors pourquoi pas les grandes banques ?

Mise à jour du 27/01/2021 : de précédentes versions de nos graphiques sous-estimaient les tarifs de deux banques. Les frais de banque à distance prélevés par Banque Populaire en 2020 s’élevaient à 15 €/mois, et pas 5 €, comme nous l’indiquions ; ceux prélevés par le LCL s’élevaient quant à eux à 34,45 €/mois, et non pas 14,35 €/mois. Les frais de tenue de compte du Crédit Agricole s’élevaient en 2020 à 35 €/mois, et pas 11,67 €, comme nous l’avions noté dans nos calculs.

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