Graphiques

Memo Bank est la nouvelle banque indépendante pour les PME. Vous lisez notre rubrique Graphiques, où nous faisons parler les données bancaires en les visualisant à l’aide de graphiques.

Écrit par Brice Boulesteix

Publié le

Comment nous avons fait notre premier bilan carbone

Le climat se réchauffe à grande vitesse. Au cours des quarante dernières années (1980–2020), chaque nouvelle décennie a été plus chaude que la décennie précédente. Le réchauffement est tel que la température de la Terre a augmenté d’un degré Celsius depuis la fin des années 1970 — une hausse inédite sur une période aussi courte (50 ans). Et d’après le dernier rapport du GIEC, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, il est désormais incontestable que l’influence humaine contribue au réchauffement de l’air, des océans, et des sols. Nous devons agir pour limiter la hausse des températures.

Chez Memo Bank, nous n’avons pas la prétention de sauver le monde, mais nous souhaitons prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique. Nous sommes une banque destinée aux PME, nous employons une cinquantaine de personnes, nous finançons des entreprises qui emploient elles aussi des dizaines de personnes, nous pouvons donc encourager des centaines de personnes à réduire leur empreinte sur l’environnement. Mais par où commencer ? Pour répondre à cette question, nous avons fait un « bilan carbone », c’est-à-dire que nous avons évalué l’empreinte environnementale de nos activités. Dans cet article, nous détaillons ce que nous avons appris au cours de notre premier bilan carbone.

Contexte

Avant de vous assommer avec des chiffres exprimés dans des unités exotiques, comme le kgCO2e/Km.passager, nous devons consacrer quelques couplets au lien entre les énergies fossiles, les gaz à effet de serre, et le réchauffement climatique. Si vous n’avez jamais entendu parler du GIEC ou de la notion d’équivalent CO2 auparavant, rassurez-vous : nous étions au même niveau d’information que vous il y a encore six mois. Le réchauffement climatique est certes extrêmement complexe, mais les fondamentaux physiques et énergétiques qui le sous-tendent sont à la portée de toutes et tous. Si vous savez lire et faire des multiplications, vous pouvez accéder à un premier niveau de compréhension sur le sujet. Et si vous êtes déjà au parfum, vous pouvez bien sûr sauter cette première partie.

Le lien entre les énergies fossiles et les gaz à effet de serre

Comment l’influence humaine affecte-t-elle le climat ? Pour le dire vite : au travers de l’émission de gaz « à effet de serre ». Les gaz à effet de serre laissent entrer les rayons du soleil dans notre atmosphère, mais ils les empêchent ensuite de sortir une fois que ces derniers ont « rebondi » sur la surface de la terre — exactement comme une serre agricole. Au lieu de laisser les rayons du soleil repartir d’où ils viennent, les gaz à effet de serre les piègent dans notre atmosphère, ce qui a pour effet de réchauffer l’air qui s’y trouve. Ce phénomène est vieux comme le monde. Il nous permet par exemple d’avoir des nuits relativement tempérées, même quand nous sommes privés de soleil. L’ennui ici, c’est que la concentration de CO2 dans l’atmosphère augmente comme jamais, ce qui accentue à la fois l’effet de serre et la hausse des températures qui en découle. En retour, la hausse des températures accroît quant à elle la fréquence et l’intensité des phénomènes climatiques extrêmes. Tout est lié.

D’où viennent les gaz à effet de serre ? De la combustion d’énergies fossiles, principalement. Brûler du charbon ou du pétrole produit certes de l’énergie, mais la combustion de ces énergies dégage aussi des gaz à effet de serre — dioxyde de carbone (CO2) en tête. D’ordinaire, le surcroît de CO2 dans l’atmosphère est absorbé naturellement par les sols, les océans, et les forêts ; mais nous surchargeons l’atmosphère en CO2 à une vitesse telle que l’absorption naturelle du carbone ne permet plus de compenser les émissions causées par les activités humaines. La Terre ne peut plus suivre. Des surplus de gaz à effet de serre traînent donc dans l’atmosphère, où ils peuvent rester des dizaines d’années, ce qui contribue au réchauffement climatique pendant autant de temps. En bref, plus nous brûlons des énergies fossiles, plus nous saturons notre atmosphère en CO2 résiduel, et plus le climat se réchauffe. Là encore, tout est lié.

Le déroulement d’un bilan carbone

Revenons à notre bilan carbone. Comme la réalisation d’un bilan carbone ne va pas de soi, et comme nous ne sommes pas des spécialistes du climat, nous avons fait appel au cabinet Magelan, un cabinet spécialisé dans les bilans carbone. La période que nous avons étudiée dans le cadre de notre bilan carbone s’étend du 1er octobre 2020 au 31 mars 2021 — soit 6 mois. Comme tout ce que font les entreprises consomme de l’énergie, tout ce que font les entreprises engendre aussi des émissions de gaz à effet de serre. Pour prendre la mesure des émissions causées par nos activités, nous avons commencé par passer en revue nos dépenses et nos opérations, ce qui nous a permis de les quantifier.

La méthodologie employée par Magelan — Image fournie par Magelan
La méthodologie employée par Magelan — Image fournie par Magelan

En épluchant nos factures SNCF, nous avons par exemple calculé que les employés de Memo Bank ont parcouru environ 8 000 km en train sur la période étudiée. Une fois nos déplacements en train quantifiés (en km ici), nous avons calculé les émissions de gaz à effet de serre causées par nos déplacements sur le réseau de la SNCF. En appliquant cette méthode à toutes nos activités, nous avons pu calculer nos émissions totales de gaz à effet de serre. Au niveau le plus rudimentaire, un bilan carbone n’est rien de plus qu’un inventaire comptable qui se termine par des multiplications.

La notion d’équivalent CO2 (CO2e)

Dans la suite de cet article, nos émissions ne sont pas mesurées en CO2, mais en CO2e, pour « équivalent CO2 ». Pourquoi parler en « CO2e » et pas en « CO2 tout court », comme nous l’avons fait jusque-là ? Parce qu’il existe plusieurs gaz à effet de serre. Le dioxyde de carbone n’est pas le seul gaz à effet de serre ; la vapeur d’eau, le méthane, et l’oxyde nitreux appartiennent aussi à cette redoutable famille, par exemple. Les différents gaz de cette famille contribuent tous à l’effet de serre, mais certains restent plus longtemps que d’autres dans l’atmosphère, et certains piègent davantage les radiations du soleil que d’autres.

Pour comparer les différents gaz à effet de serre, nous les situons par rapport au CO2, ce qui nous donne une unité commune pour évaluer la capacité d’un gaz à réchauffer l’atmosphère. Concrètement, nous comparons le niveau de réchauffement engendré par une certaine quantité (masse) de gaz à effet de serre X ou Y avec la quantité de CO2 qu’il faudrait pour obtenir un réchauffement équivalent en 100 ans. Par exemple, comme 1 gramme d’oxyde nitreux piège autant de radiations solaires que 300 grammes de CO2, 1 gramme d’oxyde nitreux « correspond » à 300gCO2e. Ce qui se lit comme suit : sur une période de 100 ans, 1g d’oxyde nitreux provoque le même niveau de réchauffement que 300g de CO2.

Pour passer d’une quantité exprimée dans une unité physique (km par exemple) à une quantité exprimée en CO2e, nous utilisons ensuite des « facteurs d’émission ». Les facteurs d’émission nous renseignent sur la propension de telle ou telle activité à émettre plus ou moins de CO2. Par exemple, pour passer de la distance que nous avons parcourue en train aux émissions de CO2 causées par nos déplacements sur rails, nous multiplions le nombre de kilomètres parcourus en train par 3gCO2e. D’où sortent ces 3gCO2e ? Ils proviennent de la Base Carbone, une référence créée par l’agence de la transition écologique, l’ADEME. D’après les estimations de l’ADEME, un kilomètre parcouru par un voyageur à bord d’un train émet environ 3g d’équivalent CO2. Et pour les activités qui ne se mesurent pas à l’aune d’unités physiques, comme les honoraires des avocats, nous utilisons des facteurs d’émission qui nous renseignent sur les émissions engendrées par chaque euro dépensé dans tel ou tel type d’activité (57gCO2e/€dépensé par exemple).

Les émissions de Memo Bank en détail (sur 6 mois)

Résumons : les activités de Memo Bank peuvent être quantifiées en grandeurs physiques ou monétaires. Ces grandeurs peuvent ensuite être converties en masse de CO2e à l’aide de facteurs d’émission. Une fois ces calculs effectués pour chacune de nos activités, nous obtenons nos émissions totales de gaz à effet de serre sur la période étudiée (octobre 2020 – mars 2021). Les lignes qui suivent détaillent les résultats de notre bilan carbone, activité par activité.

(1) Émissions liées aux transports

Les bureaux de Memo Bank se trouvent à Paris, mais les employés de Memo Bank ne vivent pas tous à Paris ou en région parisienne. Certains vivent en province — à Marseille, Strasbourg, ou Nantes, par exemple. Pour conserver une bonne cohésion d’équipe, nous nous réunissons deux à trois fois par an, à raison d’une journée à chaque fois. Ces rassemblements nous permettent de parler du futur de Memo Bank tout en mangeant des quantités prodigieuses de viennoiseries. Ajoutez à cela les allers-retours en train que nos employés provinciaux font de temps en temps pour venir voir une partie de leurs collègues à Paris, et vous obtenez beaucoup de déplacements professionnels sur une période de six mois.

(1.1) Train

Parmi les émissions causées par nos déplacements, les émissions liées à nos voyages en train sont les plus conséquentes, et ce, bien que nous n’ayons pas trop voyagé entre octobre 2020 et mars 2021 — confinement oblige.

  • Distance totale parcourue en train : 8 000 km ;
  • Facteur d’émission retenu : 3 gCO2e/km.passager ;
  • Émissions totales liées au train : 24 KgCO2e.

Les TGV de la SNCF sont alimentés par de l’électricité qui émane majoritairement de centrales nucléaires. Comme le nucléaire rejette assez peu de gaz à effet de serre, un trajet en TGV émet peu de CO2e. Nos 8 000 km parcourus en train n’ont ainsi émis « que » 24 kg d’équivalent CO2. Si nous avions effectué la même distance en voiture, nous aurions émis 1 544 kgCO2e au total, soit 64 fois plus.

(1.2) Transports en commun

Qu’ils vivent à Paris, en région parisienne, ou en province, les employés de Memo Bank utilisent presque tous les transports en commun pour se rendre au bureau — quand ils y vont. Pour estimer la distance parcourue par les membres de notre équipe sur le réseau de la RATP, nous avons demandé aux employés de Memo Bank d’estimer :

  • la distance qui sépare leur domicile de nos bureaux ;
  • leur nombre de jours de présence au bureau sur la période étudiée.

Pour les personnes qui vivent en province, nous avons négligé les trajets entre la gare parisienne d’arrivée et nos bureaux, car ces trajets ont été relativement rares sur la période étudiée.

  • Distance totale parcourue en transports en commun : 5 000 km ;
  • Facteur d’émission retenu : 3 gCO2e/km.passager ;
  • Émissions totales liées aux transports en commun : 15 KgCO2e.

Le facteur d’émission retenu pour les transports en commun est le même que celui utilisé pour le train. Au total, nos 5 000 km parcourus sur le réseau RATP n’ont émis « que » 15 KgCO2e, soit un peu moins que nos trajets en train.

(1.3) Scooter

Entre octobre 2020 et mars 2021, nous avons parcouru 700 km en scooter (thermique) dans le cadre de nos déplacement professionnels. Comme les scooters thermiques carburent aux énergies fossiles (essence), et comme le scooter n’est pas un moyen de transport collectif, un trajet en scooter émet bien plus de CO2e par kilomètre et par passager qu’un trajet en train ou en métro — d’où un facteur d’émission plus élevé.

  • Distance totale parcourue en scooter : 950 km ;
  • Facteur d’émission retenu : 61 gCO2e/km.passager ;
  • Émissions totales liées au scooter : 70 KgCO2e.

(1.4) Voiture

La voiture émet encore plus de CO2e par kilomètre que le scooter, car elle consomme plus de carburant que ce dernier (dans le cas d’un conducteur qui voyage seul). C’est la raison pour laquelle le facteur d’émission de la voiture est supérieur à celui du scooter.

  • Distance totale parcourue en voiture : 400 km ;
  • Facteur d’émission retenu : 193 gCO2e/km.passager ;
  • Émissions totales liées à la voiture : 79 KgCO2e.

(1.5) Avion

Nous n’avons pas pris l’avion sur la période étudiée. Si nous l’avions fait, nous aurions dû multiplier notre distance totale parcourue dans les airs par un facteur d’émission de 230 gCO2e/km.passager. Oui, le facteur d’émission de l’avion est assez proche de celui utilisé pour la voiture (193 gCO2e/km.passager). Si l’avion a la réputation d’être plus « polluant » que la voiture, c’est parce que les trajets en avion sont beaucoup plus longs que les trajets en voiture. Personne ne fait Paris – San Francisco en Fiat 500, par exemple.

(1.6) Total des déplacements

Au total, nos déplacements professionnels ont émis 188 kgCO2e sur la période étudiée. À titre de comparaison, un vol aller-retour entre Paris et San Francisco émet 2 800 kgCO2e par personne.

Cet exercice nous a permis de nous rendre compte que nous gagnerions à organiser nos futurs évènements d’équipe dans des lieux accessibles en train.

Mode de transportFacteur d’émissionDistanceÉmissions
Train (TGV)3 gCO2e/km.passager8 000 km24 kgCO2e
RATP3 gCO2e/km.passager5 000 km15 kgCO2e
Scooter61 gCO2e/km.passager950 km70 kgCO2e
Voiture193 gCO2e/km.passager400 km79 kgCO2e
Avion230 gCO2e/km.passager00 kgCO2e
Total14 350 km188 kgCO2e

(2) Émissions liées aux postes de travail

Bien que nous considérions Memo Bank comme une entreprise “remote first”, c’est-à-dire une entreprise dans laquelle le télétravail est le mode d’organisation du travail par défaut, nous conservons tout de même des bureaux à Paris. Plus précisément, nous louons un espace de travail privatisé dans un immeuble collectif entièrement dévolu au coworking professionnel (Wellio). Comme certaines personnes de notre équipe passent parfois plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sans mettre les pieds dans nos bureaux parisiens, le nombre de bureaux que nous louons à Wellio est inférieur à notre nombre total d’employés.

Pour tenir compte du caractère « hybride » de notre organisation, nous avons examiné les émissions liées :

  • à nos postes de travail dans l’immeuble Wellio que nous occupons ;
  • aux postes de travail des personnes qui travaillent à distance.

Les Émissions liées à ces différents postes de travail s’élèvent à :

  • 1,19 tCO2e pour Wellio ;
  • 0,14 tCO2e pour l’ensemble du télétravail.

Pour Wellio, nous avons fait la somme des émissions engendrées par :

  • la consommation électrique de notre espace (20 % du total) ;
  • les fuites de fluide des climatiseurs installés (60 % du total) ;
  • notre mobilier et de nos écrans lors de leur fabrication (20 % du total).

Qu’il soit vide ou plein, nous avons considéré que notre espace chez Wellio consommait la même quantité d’électricité. Pour les personnes qui travaillent à distance, nous nous sommes concentrés sur les émissions liées à la consommation d’électricité des MacBook que nous fournissons à nos employés — nous avons négligé les émissions liées au chauffage dans le cadre du télétravail, car elles sont difficiles à mesurer.

(2.1) Total des bureaux

Les Émissions liées à nos postes de travail se sont élevées à 1,33 tCO2e sur la période étudiée. Dans notre cas, il n’y a pas photo : le télétravail permet de limiter nos émissions de CO2e. Avons-nous prévu de fermer nos bureaux parisiens ? Sans doute pas, mais nous savons désormais qu’un poste de travail chez Wellio cause plus d’émissions qu’un poste de travail à distance. Si nous ajoutons à cela le fait que le télétravail réduit grandement les émissions liées aux trajets entre le domicile et le bureau, nous avons là une formule efficace sur le plan énergétique.

Mode de travailÉmissions
Bureaux Wellio1,19 tCO2e
Télétravail0,14 tCO2e
Total1,33 tCO2e

(3) Émissions liées aux outils numériques internes

Memo Bank est une banque majoritairement en ligne. Nous n’avons pas d’agences dans lesquelles nos clients peuvent venir déposer des chèques par exemple. Comme nos clients utilisent nos services par le biais d’Internet la plupart du temps, les serveurs sur lesquels tournent nos services bancaires représentent une source non négligeable d’émissions.

Dans le cadre de notre bilan carbone, nous avons aussi pris en compte les émissions liées à certains services de collaboration en ligne. Et pour que le tableau numérique soit complet, nous avons aussi inclus dans nos calculs les émissions causées par la fabrication de nos ordinateurs — leur consommation électrique ayant déjà été intégrée au calcul des émissions causées par nos postes de travail.

(3.1) Émissions liées à nos serveurs

Nous n’avons pas de serveurs dans nos bureaux. Nous ne louons pas non plus un parc de serveurs chez un hébergeur spécialisé dans la location de serveurs individuels ou mutualisés. Toutes nos applications bancaires tournent sur l’infrastructure d’Amazon Web Service (AWS), à Paris et à Francfort. Pour ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier, nous faisons aussi appel au service Azure vendu par Microsoft, un service équivalent à AWS, que nous utilisons en cas de coup dur, par exemple quand AWS ne répond pas. Ni Amazon ni Microsoft ne louent des serveurs à proprement parler. Au travers d’AWS et d’Azure, Amazon et Microsoft louent de la puissance de calcul, c’est-à-dire du temps de calcul disponible sur des machines capables d’exécuter plusieurs calculs en parallèle, ce qui permet d’obtenir une efficacité énergétique maximale — car les machines ne sont jamais utilisées à la moitié de leur capacité, par exemple.

En utilisant AWS (et Azure), non seulement nous n’avons pas de serveurs à gérer, mais nous réduisons aussi les émissions liées aux machines sur lesquelles nos applications bancaires tournent. D’après les chiffres commissionnés par Amazon, l’infrastructure d’AWS serait 3,6 fois plus efficace sur le plan énergétique que la médiane des loueurs de serveurs américains. Si AWS permet de faire les mêmes calculs que sur un serveur privé ou mutualisé, tout en consommant 3,6 fois moins d’énergie, c’est parce que :

  • AWS utilise 100 % de la puissance offerte par ses machines ;
  • AWS utilise des centres de données (un peu) moins énergivores ;
  • les centres AWS carburent (en partie) aux énergies renouvelables.

Les émissions liées à notre utilisation d’AWS se sont élevées à 1,69 tCO2e. Pour calculer ces émissions, Magelan s’est appuyé sur la méthode de Cloud Carbon Footprint. Nous avons négligé les émissions liées à Azure.

(3.2) Émissions liées à nos ordinateurs

Être une banque n’empêche pas de travailler sur macOS. La preuve : tous les employés de Memo Bank travaillent sur un MacBook Pro, même nos banquiers. Les 59 MacBook Pro que nous utilisons ont émis 1,31 tCO2e lors de leur fabrication. Ici, nous prenons un facteur d’émission fourni par l’ADEME, qui s’élève à 42kgCO2e par ordinateur et par an — les émissions sont amorties sur toute la durée de vie de la machine.

(3.3) Émissions liées aux outils de collaboration internes

Nos outils de collaboration en ligne ont causé l’émission de 0,81 tCO2e sur la période étudiée. Pour obtenir ce chiffre, nous avons extrait de la suite Google Workspace le nombre total d’e-mails que nous avons échangés sur la période étudiée (300 000). Google nous donne aussi le nombre d’heures que nous avons passées à faire des réunions par visio-conférence (7 000). Nous avons aussi pris en compte les vidéos que nos employés visionnent dans le cadre de formations internes. Malheureusement, nous avons dû laisser de côté les émissions liées à nos recherches Google respectives ainsi que celles liées à notre utilisation de Slack, Confluence, GitLab, et YouTrack, faute de disposer d’une méthodologie fiable pour les intégrer dans nos calculs.



UsageFacteur d’émissionQuantitésTotal
Gmail (e-mail)0,0001 gCO2e/email294 000 e-mails0,0294 kgCO2e
Google Meet (visio)100 gCO2e/h7 285 heures728,5 kgCO2e
Visionnage de vidéos (formations)50 gCO2e/h1 650 heures82,5 kgCO2e
Total811,3 kgCO2e

(3.4) Total des émissions liées aux outils numériques

Les émissions causées par notre utilisation des outils numériques sont appelées à grandir à mesure que notre équipe va s’élargir et que la quantité de données que nous allons devoir gérer va s’accroître. Nous avons donc été agréablement surpris de voir que le total de nos émissions dans cette catégorie était relativement faible à ce stade (3,5 % de nos émissions totales). Cela dit, ce chiffre augmenterait certainement si nous prenions en compte les émissions liées à tous les outils en ligne dont nous nous servons. Nous espérons faire mieux sur ce point l’année prochaine, si une méthodologie nous permet d’intégrer tous nos outils dans nos calculs d’ici là.

Outil numériqueÉmissions
Infrastructures AWS1,69 tCO2e
Ordinateurs et écrans1,31 tCO2e
Gmail, Google Meet, et streaming0,81 tCO2e
Total3,81 tCO2e

(4) Émissions liées à l’achat de biens

Les achats de biens regroupent :

  • les achats de fournitures pour les bureaux, comme des crayons ;
  • les achats d’objets publicitaires, comme des t-shirts Memo Bank.

Dans cette catégorie, nous avons émis :

  • 2,52 tCO2e pour les fournitures ;
  • 0,95 tCO2e pour les objets publicitaires.

Pour calculer les émissions liées à l’achat de fournitures, nous utilisons un facteur d’émission exprimé en ratio monétaire : 367 kgCO2e/k€ (hors taxes). Les ratios monétaires sont bien moins précis que les ratios physiques, car ils sont plus éloignés de la nature que ces derniers. Ici, c’est donc l’ordre de grandeur qui nous a intéressé plus que la valeur absolue.

(5) Émissions liées à l’alimentation

Une partie non négligeable de nos émissions de CO2e se joue dans nos assiettes. Nous pourrions ignorer les émissions liées aux déjeuners des employés de Memo Bank (en semaine), mais comme ces repas ont lieu durant des journées travaillées, Magelan nous a conseillé de les prendre en compte, ce que nous avons fait. Pour savoir ce que nous mettons dans nos assiettes respectives, nous avons envoyé un questionnaire à toutes les personnes qui travaillent chez Memo Bank.

Extrait du questionnaire envoyé à tous les employés de Memo Bank présents dans l’entreprise au début du bilan carbone.
Extrait du questionnaire envoyé à tous les employés de Memo Bank présents dans l’entreprise au début du bilan carbone.

Les réponses à ce questionnaire nous ont permis de calculer :

  • le nombre de repas végétariens par semaine de travail ;
  • le nombre de repas à base de viande blanche (ou de poisson) par semaine de travail ;
  • le nombre de repas à base de viande rouge par semaine de travail.

À partir de ces données, nous avons estimé que les émissions liées à nos déjeuners s’élevaient à 11,77 tCO2e au total. Là encore, ce sont les ordres de grandeur qui nous ont semblé intéressants, plus que les valeurs absolues. Nous avons par exemple appris qu’un seul repas à base de viande rouge (bœuf ou porc), émettait autant de CO2e que :

  • 5 repas à base de volaille ou de poisson ;
  • 13 repas végétariens (sans viande).

Ces ordres de grandeur nous ont donné envie de proposer davantage d’options végétariennes lors de nos évènements d’équipe.



Type de repasFacteur d’émissionDonnées Memo BankTotal
Végétarien0,5 kgCO2e/repas1 000 repas1 000 kg CO2e
Volaille ou poisson1,3 kgCO2e/repas1 250 repas3 400 kgCO2e
Viande rouge6,5 kgCO2e/repas600 repas7 300 kgCO2e
Total11 700 kgCO2e

(6) Émissions causées par l’utilisation de nos services

Tant que nous y étions, nous avons calculé les émissions liées à l’utilisation de nos services par nos clients. Ces émissions ne sont pas directement causées par les activités de Memo Bank, puisqu’elles sont le fait de nos clients, mais nous les avons quand même prises en compte. Dans le jargon, les émissions indirectes causées par des clients font partie de ce que l’ADEME appelle le « scope 3 » — les scopes 1 et 2 correspondant aux émissions directes d’une entreprise, pour le dire vite.

Les émissions liées à l’utilisation de nos services bancaires par nos clients ont représenté 40 kgCO2e sur la période étudiée. Il est possible que ce chiffre augmente d’année en année, proportionnellement à notre nombre de clients.

(7) Émissions liées à l’achat de services

Les émissions causées par nos achats de services sont de loin les plus importantes. Qu’incluons-nous dans les achats de services ? Tout ce qui fait l’objet d’une facture, en gros. C’est-à-dire : nos frais d’avocat, les nuits d’hôtel de nos employés provinciaux, les frais que nous payons pour diffuser nos offres d’emploi sur LinkedIn, nos timbres (les banques adorent le courrier), les licences de nos outils numériques (Adobe par exemple), ainsi que tous les services bancaires (payants) que nous utilisons dans le cadre de notre métier.

Cette catégorie est vaste, elle est aussi complexe, car la plupart des éléments qu’elle contient sont liés à des facteurs d’émission monétaires, qui reposent donc sur des estimations. Pour obtenir des résultats plus précis, il faudrait que nous demandions à chacun de nos prestataires de faire son propre bilan carbone (1) dans le but de calculer son empreinte carbone (2) — exprimée en kgCO2e/k€ dépensés auprès du prestataire en question. Un prestataire dont le chiffre d’affaires serait de 500 000 euros par an, et dont le total d’émissions s’élèverait à 25 000 kgCO2e par an, aurait par exemple une empreinte de 5kgCO2e/k€ de chiffre d’affaires (HT).

Poste de dépenseFacteur d’émissionDonnéesTotal
Achat de prestations intellectuelles110 kgCO2e/k€360 727 €39,68 tCO2e
Achat de licences numériques110 kgCO2e/k€215 363 €23,69 tCO2e
Achat de services bancaires110 kgCO2e/k€135 818 €14,94 tCO2e
Achat d’assurances (diverses)110 kgCO2e/k€80 272 €8,83 tCO2e
Nuits d’hôtel320 kgCO2e/k€3 343 €1,07 tCO2e
Total795 522 €88,21 tCO2e

(8) Total de nos émissions (sur 12 mois)

81 % de nos émissions sont liées à nos achats de services juridiques, bancaires, et numériques.
81 % de nos émissions sont liées à nos achats de services juridiques, bancaires, et numériques.

En multipliant les émissions que nous avons calculées sur six mois par deux, nous obtenons nos émissions sur un an. Comme la plupart des entreprises qui communiquent sur leur bilan carbone publient des chiffres annuels, nous ne faisons que suivre le mouvement ici.

CatégorieÉmissions (total)Émissions (part du total)
Achat de services176,42 tCO2e81,1 %
Alimentation23,54 tCO2e10,8 %
Numérique7,62 tCO2e3,5 %
Achat de biens6,94 tCO2e3,2 %
Postes de travail2,68 tCO2e1,2%
Transports0,38 tCO2e0,2%
Utilisation des services (par les clients) 0,04 tCO2e0,0 %
Total sur 12 mois217,64 tCO2e100 %

Les émissions causées par nos financements

Pour que notre bilan carbone soit vraiment complet, il faudrait que nous y ajoutions les émissions causées par les projets que nous finançons. Hélas, il n’existe pas encore de méthodologie standard pour calculer les émissions induites par les financements bancaires. En dépit de ces limites, nous avons tout de même cherché à savoir si nos crédits finançaient des secteurs considérés comme fortement émetteurs de CO2. Pour le déterminer, nous nous sommes appuyés sur le code NAF des entreprises que nous avons financées.

Le code NAF nous renseigne sur les activités d’une entreprise — dans les grandes lignes. Le code NAF de Memo Bank est par exemple 6419Z (autres intermédiations monétaires). Ce code permet de dire : Memo Bank est une banque. En associant un facteur d’émission à chaque code NAF grâce aux données d’Eurostat, nous pouvons avoir une idée de la quantité de CO2e émise par les projets que nous finançons.

D’après nos calculs, 99 % des clients que nous finançons évoluent dans des secteurs qui émettent relativement peu de gaz à effet de serre (<200 gCO2e/€ financé) et 87 % des euros que nous avons prêtés ont servi à financer des projets en lien avec ces secteurs.

Niveau d’émissionsPart des clients (nombre)Part des financements (valeur)
Limité (<200 gCO2e/€ financé) 99 %87 %
Élevé (>200 gCO2e/€ financé) 1 %13 %

Nos émissions et celles des autres

Memo Bank est à la fois une banque, au sens le plus traditionnel du terme, et une entreprise technologique, au sens où les services que nous développons sont dématérialisés. Pour bien comprendre où nous nous situons en matière d’émissions, nous nous sommes donc comparés à des banques traditionnelles, bien sûr, mais nous avons aussi regardé du côté des entreprises technologiques.

Memo Bank par rapport aux entreprises numériques

Pour préparer notre bilan carbone, nous avons étudié les travaux rendus publiques par deux entreprises technologiques assez proches de la nôtre :

  • Shine (shine.fr), qui propose un compte courant et une carte aux indépendants ;
  • Alan (alan.com), qui propose des assurances santé aux entreprises.

Si nous comparons notre bilan 2021 au bilan 2020 de Shine et à celui d’Alan pour la même année, nous obtenons le tableau suivant. Là encore, les ordres de grandeur nous intéressent plus que les valeurs absolues.

EntrepriseÉmissions totalesÉmissions par employé
Alan898 tCO2e3,8 tCO2e/personne
Memo Bank218 tCO2e4,36 tCO2e/personne
Shine106 tCO2e1,55 tCO2e/personne

Memo Bank par rapport aux banques traditionnelles

Comparer le bilan carbone de Memo Bank à celui des banques traditionnelles n’est pas un exercice simple. Pourquoi ? Parce que certaines banques ne prennent en compte que certaines activités dans le calcul de leur bilan carbone, si bien que les activités étudiées varient d’une banque à une autre. Dans notre bilan carbone, nous incluons par exemple les émissions liées à ce que l’ADEME appelle le scope 3, c’est-à-dire celles qui sont causées par les achats de produits et de services. Avec le scope 3, nos émissions s’élèvent à 217,64 tCO2e par an. Sans le scope 3, nos émissions tombent à 41,22 tCO2e. Rien à voir donc.

Comme certaines banques ne prennent que partiellement en compte les émissions liées à leur scope 3, les chiffres qu’elles avancent se situent sans doute en deçà de leurs émissions réelles, effectives. Autre exemple : la Société Générale ne prend pas en compte les déplacements de ses 149 000 salariés dans son bilan carbone 2018.

BanqueÉmissions totalesÉmissions par employéScope3 inclus ?
BNP Paribas (2019)461 033 tCO2e2,3 tCO2ePas du tout
Memo Bank (2021)218 tCO2e3,8 tCO2eIntégralement
Société Générale (2018)73 365 tCO2e0,5 tCO2ePartiellement

Les limites de l’exercice

Comme tout exercice qui repose en partie sur des données déclaratives et sur des estimations, notre premier bilan carbone comporte sans doute des imprécisions, des inexactitudes, et des zones grises.

Voici les principales limites sur lesquelles nous avons buté :

  • 80 % de nos émissions sont liées à des achats de services pour lesquels nous ne disposons pas de données fiables. Quel est l’intensité carbone d’un cabinet d’avocat ? D’une facture LinkedIn ? D’une nuit d’hôtel ? Difficile à dire, car les émissions liées à tous ces éléments sont calculées sur la base de ratios monétaires. Or les ratios monétaires sont moins précis que les ratios qui reposent sur des grandeurs physiques.
  • Nous avons réalisé notre bilan carbone en pleine pandémie de Covid-19, à cheval entre deux épisodes de confinement. Autant dire que nos déplacements professionnels ont été plus rares que d’ordinaire. Il est possible que les émissions liées à nos voyages se situent en deçà du niveau auquel elles auraient été au cours d’une année « normale ».
  • Nous avons pris en compte la consommation d’électricité des employés de Memo Bank qui travaillent hors de nos bureaux, mais nous avons laissé de côté les émissions liées à leur chauffage. Là encore, l’addition serait sans doute plus salée si nous prenions en compte le chauffage dans les calculs de notre bilan carbone.

Ce que nous allons faire pour réduire nos émissions

À présent, nous savons où nous devons fournir des efforts pour limiter nos émissions. Pour y parvenir, voici ce que nous avons d’ores et déjà prévu de faire en 2022 :

  • encourager encore un peu plus le télétravail ;
  • privilégier le train pour nos déplacements professionnels ;
  • choisir des lieux de rassemblement bien desservis par le train ;
  • demander à nos principaux prestataires de nous fournir leur intensité carbone ;
  • proposer des options végétariennes lors de nos évènements d’équipe ;
  • sensibiliser nos nouvelles recrues aux enjeux climatiques ;
  • opter pour des ordinateurs et des téléphones reconditionnés.

Sources et lectures recommandées

Pour finir, et pour vous remercier d’avoir lu jusqu’ici, voici une sélection d’articles et de pages web dont nous avons apprécié la lecture et qui nous ont permis de préparer cet article.

Subventions pour la réduction des émissions des PME

Autres exemples de bilans carbone

Entreprises qui s’engagent pour réduire leurs émissions

Explications sur la mécanique du changement climatique

Outils et cartes

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