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Écrit par Brice Boulesteix

Publié le

Alice au pays des réunions Zoom

La newsletter Memo Bank du 27 novembre 2020

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À lire

Alice au pays des réunions Zoom

Dans De l’autre côté du miroir, la suite de son Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll imagine un monde où le fait de courir ne permet pas de se déplacer, mais simplement de rester à sa place, de faire du sur-place — un peu comme sur un tapis de course. Ce monde, c’est celui de la Reine Rouge, un personnage que rencontre Alice, l’héroïne de Lewis Carroll. Pour dépasser le stade du sur-place et enfin parcourir un peu de chemin, Alice et la Reine Rouge ne doivent pas seulement courir, elles doivent courir deux fois plus vite qu’en temps normal. Lewis Carroll a beau avoir écrit et vécu au XIXe siècle, son Alice et sa Reine Rouge pourraient très bien être des employées modernes, des salariées de 2020, contraintes de redoubler d’efforts pour ne pas perdre du terrain — à défaut de pouvoir en gagner.

Que se passe-t-il de l’autre côté de la webcam, dans la tête des employés ? D’après le cabinet de conseil McKinsey, après un sursaut héroïque au printemps dernier, qui s’est notamment traduit par un pic de motivation dans les entreprises, la plupart des employés sont désormais à bout de souffle, fatigués par leurs efforts et lassés de ne pas en voir la fin. Dit autrement, après l’euphorie des premières semaines, l’heure est à la désillusion pour les employés. Ils pensaient avoir fait le plus dur, mais ils se rendent maintenant compte qu’ils vont devoir courir de plus en plus vite pour se maintenir à leur place, à leur rang, exactement comme Alice et la Reine Rouge. Eux qui pensaient revenir au bureau et retrouver leurs collègues rapidement, les voilà plus isolés que jamais. Eux qui espéraient reprendre un rythme sain à la rentrée, les voilà surmenés et débordés par le travail. Résultat des courses : baisse de la motivation dans les entreprises, hausse des dépressions chez les employés, et perte d’énergie générale — quand le deuil ne vient pas hélas s’y ajouter.

Dans ces conditions loin d’être merveilleuses, comment les dirigeants peuvent-ils aider leurs employés à trouver un second souffle et retrouver un peu de jus, un peu de fraîcheur ? McKinsey conseille aux chefs d’entreprise de faire preuve de lucidité et d’optimisme. En tempérant leur optimisme par une bonne dose de lucidité, les dirigeants éviteront de donner de faux espoirs à leurs équipes — chose qui leur ferait du bien à court terme certes, mais qui pourrait dégénérer en désillusion une fois la bouffée d’optimisme passée. McKinsey conseille aussi aux dirigeants d’accepter la crise, pour la traverser sereinement, non pas en s’y opposant, mais en s’y adaptant, en composant avec les nouvelles contraintes qu’elle leur impose. Plus largement, McKinsey se demande si cette crise ne va pas sonner le glas des techniques de management issues de la société industrielle, pour laisser la place à des organisations moins bureaucratiques, moins verticales, des environnements de travail qui accordent davantage d’autonomie et de respiration à leurs membres.

Le point sur la transformation numérique de Michelin

Les professionnels de la diététique aiment à rappeler que « nous sommes ce que nous mangeons ». C’est leur adage, leur principe directeur, leur loi. Il existe une loi équivalente dans l’entreprise, et cette loi, c’est la loi de Conway. D’après Melvin Conway, à qui nous devons la loi du même nom, les entreprises mettent sur le marché des produits qui reflètent leurs habitudes de communication interne. Dit autrement, le fonctionnement interne d’une organisation se manifeste à l’extérieur, au travers de la forme que prend son offre. Par exemple, une organisation au sein de laquelle la communication serait lente, lourde, fragmentée, aurait du mal à mettre en place un service client à la fois efficace et réactif. La loi de Conway permet aussi de comprendre pourquoi GitLab, une entreprise américaine qui développe des outils de collaboration en ligne pour les développeurs, n’a pas vraiment de bureaux : les outils que GitLab propose reflètent le fonctionnement interne de l’entreprise, un fonctionnement qui privilégie le travail à distance.

Autre illustration de la loi de Conway : si Roger Federer est devenu le joueur le plus calme et le plus élégant du circuit (objectivement), c’est parce qu’il a un jour décidé de ranger sa chambre. Plus loin du tennis mais plus proche de nous, L’Usine Digitale revient cette semaine sur la transformation numérique entamée par le groupe Michelin à partir de 2015. Citant la loi de Conway, le directeur des activités numériques de Michelin, Eric Chaniot, raconte que si le groupe a commencé par mettre de l’ordre dans son fonctionnement interne, c’était dans le but de rendre ses commerciaux et son service client plus réactifs in fine. Le virage numérique de Michelin a ainsi commencé à l’intérieur du groupe, avant que les premiers résultats ne soient visibles à l’extérieur, par les clients eux-mêmes. Tout ça pour quoi ? D’après Michelin, le temps de traitement des réclamations aurait été divisé par 4 en l’espace de 5 ans. Merci monsieur Conway.

À parcourir

  • Memo Bank organise un webinar, sorte de conférence en ligne, sur le thème des frais bancaires. La session aura lieu le mercredi 9 décembre, à 11 h 30, et durera 45 minutes. Inscrivez-vous gratuitement sur notre site. (memo.bank)
  • En parlant de frais bancaires, savez-vous pourquoi les factures des banques varient d’un mois sur l’autre sans justification apparente ? Nous non plus. Pour comprendre ce qui pouvait faire varier les factures bancaires, nous avons épluché les brochures tarifaires des banques traditionnelles. Ce que nous y avons trouvé va vous surprendre. (memo.bank/magazine)
  • La section que le quotidien Les Échos consacre aux entrepreneurs est accessible gratuitement en ce moment, dans le but de montrer aux Français ce que vivent les dirigeants de petites et moyennes entreprises. (lesechos.fr/entrepreneurs)
  • La dernière campagne de communication de Bpifrance invite les dirigeants à s’encourager les uns les autres, en publiant des messages de soutien sur Youtube. À ce jour, près de 400 messages ont été relayés. Vous pouvez y ajouter le vôtre. (youtube.com)
  • Une nouvelle étude internationale montre que les employés font des journées plus longues depuis le début de l’année. Les Français travailleraient par exemple 17 minutes de plus qu’avant la pandémie, en moyenne. (economist.com)
  • Les vendeurs de congélateurs n’arrivent pas à répondre à la demande des laboratoires pharmaceutiques, qui ont besoin de stocker leurs vaccins à des températures très basses. (cnbc.com)
  • La direction générale du Trésor, une branche du ministère de l’Économie, vient de publier une étude sur la numérisation des entreprises. On y apprend que les PME qui étaient numérisées avant la crise ont moins perdu de chiffre d’affaires que celles qui ne l’étaient pas. (economie.gouv.fr)

Des chiffres

La crise économique et sanitaire allonge les délais de paiement des entreprises : elles mettent plus longtemps pour payer et pour être payées. Bien sûr, elles peuvent relancer leurs clients et leurs fournisseurs, pour leur demander de payer dans les plus brefs délais, mais ces relances ont un coût. D’après le cabinet Forrester, qui vient de publier une étude sur le sujet, les relances coûtent 15 % du montant qu’elles permettent de récupérer. Obtenir le paiement d’une facture à 1 000 € coûte donc 150 € en frais de recouvrement (en moyenne), des frais qui empiètent sur la marge des entreprises, malheureusement.

Des lettres

Ici, vois-tu, on est obligé de courir tant qu’on peut pour rester au même endroit. Si tu veux te déplacer, tu dois courir au moins deux fois plus vite !

— Lewis Carroll (1871). De l’autre côté du miroir.

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