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Écrit par Brice Boulesteix

Publié le

Les aides ont vraiment aidé les entreprises

La newsletter Memo Bank du 23 avril 2021.

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À lire

Les mesures de soutien ont-elle soutenu les entreprises ?

Les aides versées aux entreprises depuis le début de la crise ont-elles été efficaces ? Ont-elles vraiment permis à des entreprises affaiblies de se maintenir en vie ? Ou ont-elles au contraire surtout profité aux entreprises qui étaient déjà en bonne santé ? Pour répondre à ces questions, l’Inspection générale des finances et France Stratégie viennent de publier un rapport très détaillé (328 pages), qui fait le point sur quatre mesures de soutien aux entreprises : les reports de charges, le fonds de solidarité, l’activité partielle (chômage), et le prêt garanti par l’État (PGE).

Combien d’entreprises ont eu accès à ces aides ? Entre mars et septembre 2020, 3,7 millions d’entreprises ont bénéficié d’au moins une mesure de soutien (sur les quatre étudiées par les rapporteurs). Dans le détail et par ordre de recours : 2,4 millions d’entreprises ont demandé un report de leurs charges, 1,7 million de sociétés ont bénéficié du fonds de solidarité, 1 million de dirigeants ont eu recours au chômage partiel, et 600 000 chefs d’entreprise ont obtenu un PGE — ce qui correspond à peu près aux recherches Google sur la même période.

Au total, ce sont 161 milliards d’euros (25 milliards de subventions et 136 milliards de prêts) qui ont été mobilisés par le gouvernement durant les six premiers mois de la crise sanitaire. Dans plus de 80 % des cas, ces aides ont profité à des entreprises de moins de 250 salariés, des PME donc (10 à 249 salariés), mais aussi des TPE (moins de 10 salariés). Sur les 161 milliards mobilisés par l’État entre mars et septembre 2020, les PME ont bénéficié de 53 milliards d’aides, soit un tiers de l’enveloppe totale.

Bien sûr, comme les PME sont présentes dans tous les secteurs et dans toutes les régions, les taux de recours aux aides n’ont pas été identiques d’une PME à une autre. Toutes les PME ont subi la crise de la même manière, mais chaque PME y a réagi différemment. Si 3 % des PME françaises ont fait appel aux quatre dispositifs mis en place par le gouvernement, 10 % des PME n’ont fait appel à aucune aide, aucune mesure de soutien, rien. Entre ces deux extrêmes, 34 % des PME n’ont fait appel qu’à une seule aide : l’activité partielle, principalement. Rares sont les PME qui n’ont eu recours qu’au PGE (1 % des cas). Quand elles ont obtenu un PGE, les PME l’ont souvent cumulé avec l’activité partielle et le report des charges.

À la question « Les dispositifs d’aide ont-ils empêché des faillites ? », les auteurs du rapport répondent « oui ». En s’appuyant sur les simulations réalisées par la direction générale du Trésor, les rapporteurs montrent que les aides ont amorti le choc causé par la crise, en réduisant le taux d’insolvabilité des entreprises. Si le nombre de sociétés devenues insolvables a augmenté de 3 points de pourcentage en 2020, les rapporteurs estiment que cette hausse aurait été encore plus forte sans mesure de soutien (8 points).

Et maintenant ? Et après ? Les auteurs du rapport s’inquiètent de la hausse de l’endettement des entreprises, qui pourrait selon eux réduire leurs capacités d’investissement au moment de la reprise. Pour sortir de cet écueil, l’Inspection générale des finances et France Stratégie recommandent au gouvernement de mettre en place des mesures de soutien plus ciblées, qui s’adresseraient en priorité aux entreprises solides, capables de se relancer. Ça tombe bien, car c’est exactement ce que les nouveaux prêts participatifs sont censés faire.

Prolongation de la prolongation du PGE

Telle une pièce de théâtre à succès, le prêt garanti par l’État n’en finit plus d’être prolongé. Après un premier succès, qui lui a valu une première prolongation, le PGE vient d’être prolongé une fois de plus, et ce jusqu’à la fin de l’année, comme l’a confirmé la Fédération bancaire française dans un récent communiqué. Quelques rappels chronologiques s’imposent ici. Mis en place dans l’urgence le 23 mars 2020, le PGE aurait dû quitter la scène le 31 mars 2021. À partir de cette date, les banques auraient dû cesser de commercialiser le PGE, pour lui permettre de prendre une retraite bien méritée.

Mais ça, c’était sans compter sur le deuxième confinement, décrété en octobre 2020. Craignant pour la solvabilité des entreprises françaises, le gouvernement prit alors la décision de prolonger la commercialisation du PGE de trois mois, jusqu’au 30 juin 2021, comme nous en avions parlé à l’époque dans cette newsletter. Les entreprises désireuses de souscrire à un PGE bénéficiaient ainsi de trois mois supplémentaires pour en demander un à leur banque. Tout le monde était content. Tout le monde était rassuré.

Mais ça, c’était sans compter sur… le troisième confinement, décrété en mars 2021. Craignant toujours pour la solvabilité des entreprises, le gouvernement vient de prolonger le PGE une fois de plus, étendant ainsi sa commercialisation jusqu’au 31 décembre 2021. Les entreprises qui souhaitent demander un prêt garanti par l’État ont donc jusqu’à la fin de l’année pour le faire. Elles auront ensuite six ans (au plus) pour rembourser leur prêt — la durée de remboursement ne varie pas, elle.

Bien que rassurante, cette nouvelle prolongation du PGE ne devrait avoir qu’un effet limité sur les nouveaux octrois de PGE, puisque ces derniers ont fortement baissé depuis le printemps dernier. Jugez plutôt : si les banques ont accordé plus de 630 000 PGE en 2020, elles n’en ont pour l’instant accordé que 35 000 en 2021. Le recours au PGE est en baisse. Et pour cause, ce crédit de trésorerie a surtout permis aux entreprises de tenir le coup pendant le premier confinement, au plus fort de la crise, quand leur trésorerie criait famine. Depuis, les crédits d’investissement ont remplacé les crédits de trésorerie, et le PGE est passé au second plan. Mais ça, c’est peut-être sans compter sur…

Annuler n’est pas jouer

Comment éviter une déferlante de faillites en 2021 ? Pour le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, la réponse à cette question pourrait passer par l’annulation partielle des dettes contractées par certaines entreprises. Si cette proposition peut sembler raisonnable, elle ne fait pas l’unanimité — loin s’en faut. Alors qu’on pouvait s’attendre à ce que les banques critiquent ouvertement la proposition du ministre, c’est la confédération des PME (CPME) qui s’y est publiquement opposée, dans les colonnes du magazine Challenges.

Pourquoi le principal représentant des PME s’oppose-t-il à l’annulation d’une partie des dettes contractées par les PME ? À cause de la distorsion de concurrence que de telles annulations pourraient introduire si elles venaient à être accordées au cas par cas. Les entreprises saines, qui ont réduit la voilure en 2020 pour éviter de trop s’endetter, seraient alors désavantagées par rapport aux sociétés fatiguées, qui ont eu accès à des crédits inespérés, et qui s’en tireraient sans devoir tout rembourser. Dans ces conditions, que gagnent les dirigeants prudents à jouer la carte de la sécurité ? Et que deviennent les entreprises structurellement insolvables une fois leur ardoise effacée ?

Pour François Asselin, qui dirige la CPME, pas question de changer les règles du jeu en cours de route donc. Si toutes les entreprises ont eu accès à des crédits de trésorerie, elles doivent toutes rembourser, sans exception. Point. Sans compter que des annulations de dettes auraient sans doute pour effet de faire fuir les créanciers. Si elles courent le risque de ne pas être remboursées, les banques pourraient fermer le robinet du crédit, laissant ainsi couler des entreprises par ailleurs solides. Tâchant de nuancer sa position, la CPME rappelle que les annulations de dettes existent déjà. Elles peuvent être décidées par les tribunaux de commerce, au cas par cas, et avec l’accord des créanciers impliqués. Au total, la CPME n’a rien contre un étalement ou une consolidation des dettes, mais pour leur annulation, c’est non.

À parcourir

Si vous avez l’impression que votre vue de loin a baissé depuis que vous travaillez à la maison, votre cas n’est pas isolé. La myopie gagne du terrain. Voici quelques conseils pour éviter de voir flou dès que vous sortez de chez vous. (challenges.fr)

Notre prochaine conférence en ligne se tiendra le mercredi 4 mai à 11 h 30. Elle portera sur les acquisitions d’entreprises (sous forme de LBO ou de rachat de titres). Inscription gratuite sur notre site. (memo.bank)

« La finance peut-elle sauver le monde ? ». La réponse courte est « non », mais Pascal Quiry, professeur de finance à HEC, soutient que la finance évolue néanmoins dans le bon sens, celui d’une meilleure prise en compte du changement climatique. (hecstories.fr)

Comment les gendarmes du Calvados protègent les PME des cyber-attaques. Indice : en allant sur le terrain. (leparisien.fr)

L’Express a enquêté sur les mandataires judiciaires, ces professionnels de l’insolvabilité auxquels les tribunaux de commerce font appel pour épauler les entreprises en difficulté. (lexpress.fr)

Des chiffres

L’INSEE et la Banque de France viennent de publier un article commun qui montre que le chiffre d’affaires des entreprises a baissé de 27 % en moyenne lors du premier confinement. Pour parvenir à ce chiffre, les statisticiens ont modélisé ce qu’aurait dû être le chiffre d’affaires des entreprises si 2020 avait été une année normale.

Des lettres

« La richesse ressemble à l’eau de mer : plus on en boit et plus on a soif. »

— Arthur Schopenhauer (traduction de 2014). L’art d’être heureux.

À pourvoir

Marketing. — Nous avons un poste de Chargé(e) de marketing à pourvoir (en CDI). Venez nous aider à faire connaître Memo Bank. Points bonus si votre lettre de motivation ne contient pas le terme growth hacking.

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