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Écrit par Brice Boulesteix

Publié le

Un an de répit supplémentaire pour les PME

La newsletter Memo Bank du 22 janvier 2021

Bonjour, vous lisez la newsletter de Memo Bank, la nouvelle banque indépendante pour les PME. Si vous nous suivez déjà depuis quelque temps, merci beaucoup. Et si vous nous découvrez tout juste, bienvenue à vous.

À lire

De l’air pour les PME qui ont bénéficié d’un PGE

Les entreprises qui ont demandé un prêt garanti par l’État (PGE) à leur banque viennent d’obtenir un an de répit supplémentaire. Jusque là, quand une société obtenait un PGE auprès de sa banque, elle n’était pas tenue de le rembourser durant la première année — on appelle ça une « franchise de remboursement ». Dit autrement, l’entreprise payait uniquement les intérêts du PGE pendant les douze premiers mois du prêt ; elle était dispensée de rembourser le capital (le gros du prêt) avant le premier anniversaire de son emprunt. Depuis l’annonce du ministre de l’Économie, vendredi dernier, la franchise de remboursement accordée par les banques aux entreprises peut aller jusqu’à deux ans. Concrètement, une PME qui a souscrit à un PGE en mars 2020 pourra, si elle le souhaite, reporter le début de son remboursement jusqu’en mars 2022. Comme la durée des PGE ne peut excéder 6 ans, les entreprises qui demanderont une deuxième année de franchise de remboursement n’auront ensuite « que » 4 ans (au plus) pour rembourser l’intégralité de leur crédit. Si le ministère recommande aux entreprises de prendre rendez-vous avec leur banquier pour demander un an de différé supplémentaire, les banques ont d’ores et déjà fait savoir qu’elles accepteraient systématiquement les demandes de report — pour s’épargner une réunion qui pourrait être remplacée par un e-mail, peut-être ?

Pour rappel : le gouvernement a lancé le prêt garanti par l’État en mars 2020, avec le soutien de Bpifrance, dans le but de mettre en place « un pont aérien de cash » vers les entreprises. Il s’agissait, à l’époque, d’apporter de l’argent frais aux sociétés dont le chiffre d’affaires était alors en chute libre à cause du confinement, d’où l’idée de ne pas leur demander de remboursement durant la première année du prêt. Comme les PGE sont des crédits accordés par les banques aux entreprises, et non pas par l’État directement, l’État garantit jusqu’à 90 % des sommes prêtées dans le cadre du PGE, ce qui incite les banques à jouer le jeu — car elles ne sont exposées « que » sur 10 % des montants qu’elles octroient. À ce jour, les banques ont accordé plus de 640 000 PGE, pour un total de 130 milliards d’euros, dont 7 % pourraient ne jamais être remboursés. Parmi les entreprises qui ont bénéficié d’un PGE, la plupart (88 %) ont moins de 10 employés. Les PME ne représentent que 5 % des bénéficiaires du PGE, mais elles captent 34 % des montants accordés dans le cadre du PGE. À l’instar des pièces de théâtre à succès, que les directeurs de théâtre prolongent pour que le public puisse en profiter plus longtemps, le PGE a été reconduit jusqu’au 30 juin 2021. Les banques peuvent donc le proposer à leurs clients jusqu’à cet été.

Les Français aiment les PME

Le journal Le Monde a publié cette semaine les conclusions d’une étude réalisée par l’institut de sondage Ipsos auprès de 1 000 Français (voir l’étude complète). Interrogés sur les priorités que le gouvernement devrait se donner dans le cadre du plan de relance (100 milliards d’investissement), la moitié des sondés ont estimé que l’aide aux PME devrait être une priorité du gouvernement. Les Français consultés ont aussi cité la réforme de la santé et l’amélioration de la situation des jeunes, mais moins souvent que le soutien aux PME, ce qui fait de l’aide aux PME la priorité la plus… prioritaire… aux yeux des Français. Comment interpréter ce résultat ? Si ce n’est pas une déclaration d’amour à destination des PME, ça y ressemble beaucoup. Alors qu’Amazon vient de passer le million d’employés, les Français donnent la priorité aux PME, c’est-à-dire aux entreprises qui emploient moins de 250 personnes.

Faut-il y voir une méfiance envers le gigantisme ? Un penchant pour la décentralisation ? Un rejet de la démesure ? Difficile à dire. Il faudrait interroger un économiste. Si les PME sont toutes différentes les unes des autres, il est probable que l’idée que les Français s’en font diffère elle aussi d’une personne à une autre, ce qui complique les tentatives de généralisation en matière de PME. Après tout, quels points communs y a-t-il entre une librairie indépendante qui se bat contre Amazon et une PME technologique qui fabrique des composants pour équiper les robots d’Amazon ? Une tendance commence cependant se dessiner : en faisant des PME leur priorité, les Français semblent privilégier la proximité, les entreprises « du coin », celles qui font passer les « personnes » avant la « structure », celles qui payent leurs impôts en France aussi. Est-ce que ces bonnes intentions affichées par les Français se traduiront par un soutien financier aux PME et aux producteurs locaux ? À voir.

À parcourir

Quand Jean-Pierre Bacri voulait être banquier. (twitter.com)

Memo Bank va recruter 35 personnes en 2021. Jean-Daniel Guyot est passé sur BFM Business pour en parler - il porte un pull Memo Bank, pull que reçoivent tous nos nouveaux employés, en guise de cadeau de bienvenue. (youtube.com).

Un prestataire de La Banque Postale a détruit 30 000 dossiers de prêt immobilier par erreur, dont certains encore ouverts (pas encore remboursés intégralement). Le hic, c’est que la banque n’a pas de sauvegarde numérique des dossiers disparus. (lesechos.fr)

L’entreprise Duralex, qui fabrique les verres de cantine au fond desquels des générations d’écoliers ont lu leur « âge », est placée en redressement judiciaire. Fondée en 1939 par Saint-Gobain, Duralex emploie encore 248 personnes. (leparisien.fr)

Dernière chance pour vous inscrire à notre webinar du mardi 26 janvier sur la répartition des flux bancaires entre vos différentes banques. Vendredi prochain, il sera trop tard. L’inscription est gratuite. (memo.bank)

Des chiffres

Les banques françaises enregistrent plus de démissions que de départs à la retraite, d’après les chiffres de l’association française des banques. En 2019, 40 % des départs étaient le fait d’une démission, contre moins de 25 % en 2014. Bien qu’elles proposent presque exclusivement des CDI (98,2 %), les banques peinent à retenir leurs employés, notamment ceux qui travaillent dans les agences — les commerciaux représentent plus d’un départ sur deux. Que se passe-t-il ? D’après Le Monde, les chargés de clientèle seraient de plus en plus réfractaires aux méthodes de management en vigueur dans les banques, méthodes qui reposeraient de plus en plus sur le suivi d’indicateurs chiffrés.

Des lettres

La pensée gagne en précision ce que le vocabulaire gagne en variété

— Jacqueline de Romilly (1994). La Langue et la Liberté (discours).

À pourvoir

RH. — Nous recrutons une personne pour nous aider à recruter d’autres personnes. Avoir le goût des mises en abîme est un plus.

Design. — Nous cherchons un Product Designer expérimenté pour rejoindre notre équipe technologique. Préférer Arial à Helvetica n’est pas éliminatoire.

Légal. — Nous avons un poste ouvert pour un ou une responsable juridique. Reprendre vos collègues en disant « La loi ne stipule pas, elle dispose. » est facultatif.

Finance. — Nous recrutons une personne spécialisée dans la gestion de trésorerie, avec de solides connaissances en gestion actif-passif (ALM), pour rejoindre notre direction financière.

Finance. — Nous cherchons un ou une analyste financier et réglementaire pour faire de l’analyse financière et réglementaire.

Finance. — Nous recrutons un ou une comptable. Nous cherchons une personne expérimentée, mais suffisamment humble pour répondre « Je SEPA » quand elle ne maîtrise pas un sujet.

Commercial. — Nous recrutons une personne au poste de chargé de développement commercial et de partenariats.

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