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Écrit par Brice Boulesteix

Publié le

Pourquoi les PME empruntent à des taux plus élevés

La newsletter Memo Bank du 19 février 2021

Bonjour, vous lisez la newsletter de Memo Bank, la nouvelle banque indépendante pour les PME. Si vous nous suivez déjà depuis quelque temps, merci beaucoup. Et si vous nous découvrez tout juste, bienvenue à vous.

À lire

Pourquoi les PME gagnent à soigner leurs relations bancaires

Si vous êtes banquier et que vous souhaitez savoir comment Carrefour se porte, c’est très simple : allez sur le site de Carrefour et consultez la page sur laquelle le groupe présente ses résultats. Vous aurez alors accès à une batterie d’indicateurs : chiffre d’affaires, marge, investissements, amortissements, et bien plus… De quoi vous faire une bonne idée de la santé financière du groupe. Admettons maintenant que vous soyez un banquier consciencieux, le genre de banquier qui ne s’arrête pas aux chiffres. Vous souhaitez en savoir plus sur la stratégie de Carrefour ? Il y a une page pour ça. Vous vous interrogez sur la gouvernance de l’enseigne ? Là encore, il y a une page pour ça. Fort de toutes ces informations, il vous suffirait de quelques heures pour savoir si oui ou non vous pourriez accorder un crédit à Carrefour. La plupart des informations dont vous avez besoin pour prendre votre décision sont déjà sur la table, en ligne, sous vos yeux. C’est l’avantage des sociétés cotées : elles publient leurs résultats annuels et s’expriment publiquement sur leur stratégie. Les PME sont différentes. En quoi les PME sont-elles différentes des grandes sociétés cotées comme Carrefour, Legrand, ou Danone ? En tout, ou presque. Contrairement aux grands groupes, rares sont les PME qui publient leurs résultats — faute de temps, de moyens, ou par souci de confidentialité. Si une PME vous sollicite pour vous demander un prêt, charge à vous, en tant que banquier, de mettre la main sur ses comptes. Comme les PME n’ont pas la notoriété des sociétés du CAC 40, vous ne lirez jamais de dossiers sur leurs ambitions dans les quotidiens nationaux. Si vous souhaitez en savoir plus sur la stratégie d’une PME, c’est à vous qu’il revient, toujours en tant que banquier, d’interroger son dirigeant.

En somme, pour atteindre le même niveau d’information, un banquier passera sans doute plus de temps sur le dossier d’une PME que sur celui d’un groupe comme Carrefour. Dans ces conditions, il n’est pas si étonnant que ça d’apprendre que les PME payent plus cher leurs crédits que les grandes entreprises, notamment en temps de crise, quand les PME ont vraiment besoin du soutien de leur banque. C’est en tout cas ce qu’indiquent deux études, dont The Conversation publie les conclusions. L’article de The Conversation nous apprend que les banques ont tout intérêt à bien connaître les PME avec qui elles traitent, car elles peuvent ainsi distinguer les plus solides d’entre elles, celles à qui prêter sans danger. Ainsi, en apprenant à bien connaître les dirigeants de PME, les banquiers les plus expérimentés seraient capables de signer des crédits à la fois plus rémunérateurs (plus chers pour le client) et moins risqués (plus sûrs pour la banque). Que penser de tout ça ? Les PME doivent-elles crier au scandale, au hold-up ? Pour The Conversation, la réponse est négative. C’est non. Bien sûr, il arrive que les PME empruntent à des taux plus élevés que ceux proposés aux grandes enseignes, notamment quand l’accès au crédit se raréfie. Mais non, les PME ne perdent rien à investir dans une bonne relation bancaire. Au contraire, elles y gagnent un accès facilité au crédit. Si vous pensez qu’une bonne relation bancaire coûte cher, attendez de voir le prix d’une mauvaise relation avec votre banque. Mieux vaut payer un crédit plus cher que de ne pas avoir de crédit du tout. Un banquier fidèle, qui vous prête à un taux un peu gonflé, vaut mieux qu’un banquier anonyme, qui refuserait de vous prêter à la moindre difficulté. Loin d’être condamnées à subir leur relation bancaire, les PME peuvent même retourner la situation à leur avantage, en nouant des relations de confiance avec plusieurs banques, de sorte à pouvoir frapper à plusieurs portes en cas de besoin.

P.-S. Nous conseillons à nos clients d’ouvrir des comptes dans plusieurs banques pour leur entreprise. À condition de répartir vos flux intelligemment entre vos différentes banques, vous avez tout à y gagner.

Les cyber-attaques n’arrivent pas qu’aux autres

Les randonneurs ont de l’humour. D’après eux, si un ours vous attaque alors que vous faites une randonnée avec vos amis, vous n’avez pas besoin de courir plus vite que l’ours pour vous en sortir, il vous suffit de courir plus vite que le plus lent de vos amis. Vu comme ça, la sécurité ne consisterait pas tant à neutraliser le danger, qu’à faire en sorte d’être plus difficile à atteindre que les autres cibles potentielles. Par exemple, en matière de sécurité informatique, le meilleur moyen de ne pas se faire attaquer par des pirates ces temps-ci consiste à ne pas être un hôpital public. Un récent dossier du journal Le Monde nous apprend en effet que l’hôpital de Dax et celui de Villefranche-sur-Saône ont tous les deux subi une attaque par « rançongiciel » ces dernières semaines. Et ces deux malheureux hôpitaux ne sont pas des cas isolés. Au total, 436 attaques ont été enregistrées par la section cyber-criminalité du parquet de Paris en 2020, un nombre multiplié par 3 par rapport à 2019. En quoi consistent les attaques par « rançongiciel » ? Il s’agit d’attaques menées en ligne, au cours desquelles des pirates s’introduisent (à distance) dans le système informatique d’une organisation, afin de verrouiller ses ordinateurs et ses machines de l’intérieur, ce qui les rend inutilisables. Comme les pirates réclament ensuite une rançon à leur victime, en échange des clefs qui permettent de reprendre la main sur le système verrouillé, on parle d’attaque par « rançongiciel » (ransomware).

Et les PME dans tout ça ? Elles ne sont pas à l’abri, comme nous en avons déjà parlé dans cette newsletter. Si les attaques visant des hôpitaux font les gros titres, elles restent rares, car elles nécessitent une grosse force de frappe. Moins structurées sur le plan technologique, plus exposées aux intrusions informatiques, pas toujours formées à la sécurité numérique, les PME constituent une cible de choix pour les pirates en quête de proies faciles. Une enquête de la CPME sur le sujet révèle que 44 % des entreprises de 10 à 49 salariés ont déjà subi une attaque informatique, ou une tentative d’attaque. Quand on sait que 17 % des PME de cette taille ne sont pas assurées contre les attaques informatiques, les conséquences peuvent être dramatiques pour les PME frappées par de telles attaques. Que faire alors ? Souvenez-vous de l’ours. Il ne s’agit pas d’être plus fort que les pirates, mais moins facile à atteindre que les autres entreprises. Heureusement, quelques règles simples, scrupuleusement respectées, permettent de se tenir hors de portée de la plupart des attaques. C’est sans doute la raison pour laquelle l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) multiplie les guides de bonnes pratiques informatiques à destination des PME. De son côté, le gouvernement vient de faire appel au Bureau des légendes, pour rappeler les fondamentaux de la sécurité numérique aux Françaises et aux Français.

À parcourir

Jean-Daniel Guyot, le président du directoire de Memo Bank, était l’invité de Solenne Niedercorn à l’occasion du 38e épisode de son podcast Finscale. (Apple Podcasts ou Spotify)

Les Échos ont consacré un épisode de leur podcast La Story aux cyber-attaques ciblant des hôpitaux. (Apple Podcasts ou Spotify)

Comment les petites stations de sports d’hiver, qui proposent de nombreuses activités sur et en dehors des pistes, prennent leur revanche sur les grosses stations, celles qui ont tout misé sur le ski. (challenges.fr)

Les cycles Mercier, qui ont connu leur heure de gloire dans les années 1960, quand Raymond Poulidor roulait pour eux, vont relocaliser leur production en France, près de Charleville-Mézières. (leparisien.fr)

Au lieu de virer 7,8 millions de dollars à ses clients, la banque américaine Citibank leur a envoyé 900 millions par erreur. Problème : Citibank pourrait ne jamais revoir les millions envoyés par accident. (arstechnica.com)

Des chiffres

L’ANSSI vient de publier des chiffres sur les cyber-attaques. On y apprend que le nombre d’attaques par « rançongiciel » a été multiplié par 4 entre 2019 et 2020.

Des lettres

La méfiance est mère de la sûreté.

— Jean de La Fontaine (1668). Le chat et un vieux rat.

À pourvoir

RH. — Nous recrutons deux spécialistes du recrutement. Venez nous aider à réduire le nombre d’annonces relayées ici chaque vendredi. Nous avons besoin de vous.

Produit. — Nous recrutons un ou une Product Manager. Si vous avez déjà perdu patience face au site de votre banque, et si vous pensez que les banques pourraient faire mieux en ligne, écrivez-nous.

Produit. — Nous recrutons une personne expérimentée pour prendre la tête de notre équipe produit. Là encore, avoir usé votre patience sur des interfaces bancaires bancales est un plus.

P.-S. Si ce que vous venez de lire vous a plu, abonnez-vous pour recevoir notre newsletter directement dans votre boîte de réception tous les vendredis.

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