Newsletters

Memo Bank est la nouvelle banque indépendante pour les PME. Vous lisez les archives de notre newsletter hebdomadaire. Si vous souhaitez recevoir la prochaine, abonnez-vous.

Écrit par Brice Boulesteix

Publié le

Quand Excel déborde

La newsletter Memo Bank du 9 octobre 2020

Bonjour, vous lisez la newsletter de Memo Bank, la nouvelle banque pour les PME qui savent importer des CSV dans Excel sans perdre de données au passage. Quoi de neuf ? Vous avez peut-être l’impression que l’année 2020 n’a pas de relief, qu’elle aplanit les différences entre les jours, les mois, et les semaines, à tel point que les mardis se confondent avec les jeudis dans une sorte de long dimanche de la vie. Nous sommes pourtant bien vendredi, et le vendredi, c’est désormais le jour de parution de notre newsletter hebdomadaire.

À lire

PME cherche jeunes à embaucher

En lisant le dernier baromètre de Bpifrance (la banque publique d’investissement), on apprend qu’une PME sur trois s’estime freinée dans sa reprise par des difficultés de recrutement. Alors que faire ? Le magazine L’Express conseille aux PME qui manquent de bras de jeter un œil au volontariat territorial en entreprise (VTE). Lancé en 2018, le VTE aide les PME de province à recruter des jeunes diplômés.

Quel intérêt ? Les PME qui embauchent dans le cadre d’un VTE bénéficient d’une aide versée par leur région, ou par l’État (pour les entreprises situées dans des territoires d’industries). L’aide de l’État s’élève à 4 000 € ; quant aux régions, elles peuvent prendre en charge jusqu’à 50 % du salaire de la jeune recrue (charges comprises). De leur côté, les jeunes qui optent pour le VTE ne sont pas en reste, puisqu’ils bénéficient d’une aide au logement de 1 200 €, pour aller s’installer près de leur nouvel emploi, au vert, loin de la Défense. Ils ont aussi l’assurance de progresser rapidement, puisque la charte du VTE stipule que la jeune recrue doit travailler « en lien direct avec au moins un membre du top management de l’entreprise ».

Le VTE est compatible avec les alternances, les CDD, les CDI, mais pas les stages — pour être valide, le contrat doit durer au moins un an. Ce programme est ouvert aux jeunes ayant obtenu leur diplôme il y a moins de deux ans. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://www.vte-france.fr.

Quand Excel déborde

Les ordinateurs n’ont pas toujours été faciles à utiliser. Jusqu’à la fin des années 1970, ils étaient rarement équipés d’une souris et d’icônes sur lesquelles cliquer, si bien que seuls les développeurs pouvaient les manipuler. Tout a basculé en 1977, avec l’arrivée de l’Apple II (inspiré par Xerox), un ordinateur « personnel », avec souris et interface visuelle, conçu pour être utilisé par le grand public, le commun des mortels. Deux ans plus tard, en 1979, Apple a ouvert la voie à ce que nous appelons aujourd’hui la « bureautique », en ajoutant VisiCalc à son Apple II, le premier tableur facile d’accès, l’ancêtre de Microsoft Excel. De nos jours, la grande majorité des employés de bureaux travaille sur un ordinateur doté d’un tableur. Avec Excel, nous sommes tous des administrateurs de base de données désormais, bien que nous ne soyons pas tous des développeurs. Dernier exemple en date : Public Health England (PHE), l’agence gouvernementale chargée de recenser les cas de Covid-19 en Angleterre, aurait oublié d’inclure près de 16 000 nouveaux cas dans les statistiques officielles, à cause d’un pépin dans Excel. Aïe.

Que s’est-il passé ? Au lieu d’être enregistrés dans une vraie base de données, les résultats des tests (positifs comme négatifs), étaient semble-t-il stockés dans un fichier Excel. Chaque jour, les laboratoires d’analyse envoyaient les résultats de leurs nouveaux tests à PHE, sous la forme de fichiers CSV (des tableaux au format texte). Et chaque jour, PHE mettait à jour son fichier Excel de suivi, en y important les derniers CSV transmis par les laboratoires. Le hic, c’est que les fichiers Excel ne peuvent pas contenir plus d’un million de lignes (1 048 576 au maximum). PHE a sans doute cherché à importer le CSV de trop dans son fichier Excel de synthèse, un CSV qui contenait plus de lignes que le tableur ne pouvait en accueillir. Les lignes en trop ne pouvant être enregistrées dans Excel, faute de place, elles sont passées à la trappe. Près de 16 000 nouveaux cas sont donc passés sous les radars, retardant la recherche des 50 000 personnes susceptibles d’avoir croisé les individus infectés (les fameux « cas contact »).

Heureusement, l’erreur a depuis été corrigée, comme le rapporte The Guardian, mais PHE a perdu un temps précieux dans l’histoire. Faut-il en conclure que ce genre de bourde n’arrive qu’aux administrations ? Pas si vite. À en croire une étude de Bpifrance, près d’une PME sur deux déclarait en 2019 ne pas avoir entamé sa transformation numérique. Il y a donc fort à parier que certaines entreprises manipulent elles aussi des fichiers Excel susceptibles de déborder un jour.

À parcourir

  • À 21 ans, sa banque lui refuse un crédit pour lancer son entreprise. À 39 ans, devenu millionnaire entre temps, il rachète le bâtiment dans lequel se trouvait sa banque. Adam Deering a la vengeance patiente. (capital.fr)
  • La réponse de Jean-Daniel Guyot, le président du directoire de Memo Bank, à la question : quel avenir pour les fintechs ? (Youtube)
  • L’arrivée des ordinateurs dans les bureaux en 1980. (ina.fr)

Des chiffres

Des données intéressantes publiées par l’INSEE (l’Institut national de la statistique et des études économiques) sur le nombre de cadres dans la population active et le nombre de femmes parmi les cadres. Entre 1982 et 2019, la part des cadres dans l’emploi total a doublé, passant de 8 à 19 %. Dans le même temps, la présence des femmes parmi les cadres a elle aussi été multipliée par deux, passant de 21 à 42 %. Les cadres peuvent être des ingénieurs, des avocats, des professeurs, ou des médecins. Ils sont souvent en CDI et travaillent depuis chez eux plus régulièrement que les autres employés.

Des lettres

On ne peut pas juger le passé en se référant au présent. On ne peut pas davantage juger ou justifier le présent en se référant au passé. Examiner l’histoire en se cantonnant dans les catégories de la justification ou du jugement signifie s’ôter toute possibilité de comprendre.

— Alexandre Zinoviev (1984). Le Héro de notre jeunesse.

À pourvoir

Nous n’avons toujours pas d’offre à pourvoir, mais ça ne saurait tarder. En attendant, vous pouvez nous envoyer une candidature spontanée par e-mail.

Recommandé pour vous

Newsletters

Qui a peur des entreprises zombies ?

La newsletter du 2 octobre 2020

Lire l’article

Newsletters

En avoir ou pas (des bureaux)

La newsletter du 16 octobre 2020

Lire l’article