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Écrit par Brice Boulesteix

Publié le

Télétravail autorisé mais uniquement au bureau

La newsletter Memo Bank du 6 novembre 2020

Bonjour, vous lisez la newsletter de Memo Bank, la nouvelle banque destinée aux PME qui profitent de leur vendredi après-midi pour faire le point sur l’actualité de la semaine en dégustant leur boisson préférée.

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À lire

Tout le monde veut aider les commerçants à vendre en ligne

Si vous avez lu ou vu Le Seigneur des anneaux, vous vous souvenez peut-être de cette scène au cours de laquelle de valeureux guerriers apportent tour à tour leur soutien à Frodon, le petit héros investi d’une tâche bien plus grande que lui : vaincre les forces du mal. Dans le film, un premier combattant se présente devant Frodon et lui offre ses services en déclarant : « Mon épée est vôtre. ». Il est bientôt imité par un honnête archer, qui se courbe lui aussi devant Frodon, avant d’ajouter : « Et mon arc est vôtre. » À peine l’archer a-t-il eu le temps de finir sa phrase qu’un nain s’exclame à son tour : « Et ma hache (est vôtre) ! ». La scène se poursuit ainsi, de serment en serment, jusqu’à ce que Frodon se retrouve entouré de 8 compagnons, tous ralliés à sa cause, tous prêts à mettre leurs armes au service d’un plus petit qu’eux.

Il se passe à peu près la même chose en France, depuis que le ministre de l’Économie a encouragé les petites entreprises à vendre en ligne, faute de pouvoir vendre en magasin. Assommés par un nouveau confinement, ne sachant pas par où commencer leur conversion vers le web, les petits commerçants français se sont vu offrir le soutien des grands du numérique. On a ainsi pu voir le géant américain de la vente en ligne, Amazon, accourir au chevet des marchands français, en leur déclarant : « Ma plateforme de vente est vôtre. ». Dans le même temps, Cdiscount (groupe Casino), Intermarché et Carrefour, ont également proposé aux marchands français — notamment aux libraires — d’écouler leurs stocks sur leurs plateformes, avec comme mot d’ordre : « Ma place de marché est vôtre. »

Imitant les poids lourds du numérique, le gouvernement a lui aussi mis sa force de frappe au service des petites entreprises, y allant de son : « Mon appel à projet qui débouchera dans 10 jours sur l’identification de solutions pouvant être mises en œuvre rapidement par les entreprises… est vôtre ! » Comme Frodon avant eux, les commerçants sont donc bien entourés désormais. Il est cependant trop tôt pour dire si cet élan de solidarité profitera vraiment aux petites entreprises. Rien ne dit que les lecteurs commanderont en ligne les livres qu’ils n’ont pas pu acheter en librairie. C’est là tout l’intérêt de la question posée par l’analyste britannique Benedict Evans : est-ce que les gens achètent les mêmes produits qu’avant quand ils ne font plus leurs achats au même endroit qu’avant ?

Merci de venir télétravailler au bureau

Alors que le nombre de nouveaux cas de covid-19 semble au plus haut depuis mars, vous n’êtes peut-être plus très loin de vous dire : « Bon, vu le marasme actuel, la généralisation du travail à distance n’est peut-être pas une si mauvaise idée que ça, finalement. » Pas si vite ! Le Parisien rapporte qu’une grande entreprise française rechigne à laisser ses employés travailler depuis chez eux tous les jours de la semaine, comme le recommande pourtant le gouvernement. L’entreprise en question — Total, pour ne pas la citer — obligerait plus ou moins ouvertement ses salariés parisiens à venir au bureau, à raison de 2 à 3 jours par semaine.

Inutile de préciser que certains salariés se rebiffent, arguant que 270 cas de covid-19 ont déjà été détectés au siège parisien de Total, une tour de 187 mètres située à la Défense. En les contraignant à venir au siège, Total mettrait leur santé en danger, alertent-ils. De son côté, le groupe pétrolier se défend en disant que la recommandation du ministère du Travail n’a pas valeur d’obligation. D’après Total, il est nécessaire que les employés du groupe viennent ponctuellement au bureau, même en plein confinement, dans le but de préserver la cohésion des troupes. Total justifie sa décision controversée au moyen d’un argument managérial (la préservation du lien social), laissant ainsi de côté l’argument économique qui consistait jusque-là à dire que les employés étaient plus productifs au bureau.

Total est un cas particulier, certes. Mais LCI nous apprend que les banques ne jouent pas le jeu du télétravail elles nous plus, ce qui nous oblige à balayer devant notre porte. Invoquant le même argument managérial que Total, plusieurs banques inviteraient leurs employés à se rendre au bureau. Pourquoi un tel entêtement dans le refus du télétravail ? Si le premier confinement nous a enseigné que la plupart des employés souhaitaient travailler un peu plus depuis chez eux, il ne faut pas perdre de vue que les employeurs ont eux aussi leur mot à dire dans l’histoire, comme le rappelle le consultant Frédéric Cavazza. Et sur ce point, les deux tiers des dirigeants disent ne pas faire suffisamment confiance à leurs équipes pour les laisser travailler en dehors des murs de l’entreprise (étude Cisco).

À parcourir

  • Jetez un œil aux interfaces de Memo Bank, avec cette présentation de Jean-Daniel Guyot, le président de notre directoire. La visite guidée dure 5 minutes. (YouTube)
  • Le point sur les délais de paiement entre entreprises. Pour rappel, le délai légal de paiement est fixé à 30 jours. (economie.gouv.fr)
  • Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) vient de mettre en ligne son cours sur les fintechs (en anglais). Les vidéos du cours sont en accès libre. (mit.edu)
  • Comment fait-on les billets de banque ? Deux journalistes de France Bleu Auvergne ont pu pénétrer dans l’imprimerie de la Banque de France, à Clermont-Ferrand, là où sont fabriqués chaque année jusqu’à 2,8 milliards de billets. (France Bleu)
  • Quelques conseils pour bien parler, même avec un épais masque sur la bouche. Indice : utilisez vos mains et votre regard. (chefdentreprise.com)
  • Le guide de Shopify, un service qui permet de créer une boutique en ligne, pour mettre en place le click and collect sans écrire la moindre ligne de code. (shopify.fr)
  • Comment les dirigeants de PME abordent-ils le retour au télétravail à 100 % ? Réponse : en traînant les pieds, même si leurs réticences en la matière les font parfois passer à côté de bons candidats, pour qui le télétravail est devenu un critère. (Les Échos)

Des chiffres

La Banque de France a récemment mis en ligne des chiffres sur les crédits accordés aux entreprises durant la période qui va de juillet à septembre 2020 (inclus). On y apprend que les PME qui avaient besoin d’argent frais ont eu tendance à préférer le prêt garanti par l’État (PGE) aux crédits de trésorerie traditionnels — le premier ne nécessitant pas de caution personnelle de la part du dirigeant, contrairement aux seconds. La Banque de France indique par ailleurs que les crédits d’investissement repartent doucement à la hausse, y compris chez les PME.

Des lettres

Puisque l’autorité requiert toujours l’obéissance, on la prend souvent pour une forme de pouvoir ou de violence. Pourtant l’autorité exclut l’usage de moyens extérieurs de coercition ; là où la force est employée, l’autorité proprement dite a échoué.

— Hannah Arendt (1968). Qu’est-ce que l’autorité ?

À pourvoir

Nous recrutons toujours une personne au poste de chargé de développement commercial et de partenariats.

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