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Écrit par Brice Boulesteix

Publié le

Comment les PME prévoient de rembourser le PGE

La newsletter Memo Bank du 5 février 2021

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À lire

L’avis des autres

Pour savoir combien de personnes ont participé à une manifestation, vous pouvez vous référer aux chiffres de la préfecture de police, ou à ceux des syndicats qui organisaient la manifestation. Au choix. Il est d’usage, en France, que les chiffres des syndicats soient supérieurs à ceux communiqués par la police. Volontiers optimistes, les syndicats ont tendance à voir le verre à moitié plein, quand le préfet de police le voit souvent à moitié vide. Là où les syndicats comptent un manifestant et demi (1,5), la police ne voit souvent qu’un demi-manifestant (0,5). En somme, chacun voit midi à sa porte, chacun voit ce qu’il croit, et la même réalité débouche sur la publication de chiffres divergents, contradictoires. Si le comptage des manifestants suscite souvent des tensions, nous avons eu la preuve cette semaine que des sujets bien plus consensuels, comme l’opinion que les Français ont des banques par exemple, pouvaient eux aussi traduire des écarts, voire des oppositions. Les manifestations n’ont pas le monopole de la dissonance. Que s’est-il passé ? Tout a commencé par la publication d’une étude IFOP sur le jugement des Français à l’égard des banques — une étude positive, favorable aux banques, relayée comme il se doit par la Fédération bancaire française (FBF). Le lendemain, soit moins de 24 heures après la publication de l’étude IFOP, le journal Le Monde a de son côté publié les résultats d’une étude réalisée par Sia Partners, consacrée aux mauvaises notes que les Français attribuent à leur agence bancaire sur les sites d’avis en ligne. Deux salles, deux ambiances, donc. D’un côté une étude positive, celle de l’IFOP, réalisée à partir d’une enquête d’opinion, et relayée par les banques ; de l’autre une étude moins flatteuse, celle de Sia Partners, réalisée à partir des avis laissés par les internautes sur les site de notation, et relayée par un quotidien national.

En quoi les études divergent-elles ? Prenons un exemple. Interrogés sur l’image qu’ils avaient de leur agence bancaire, 86 % des habitants de l’Île-de-France ont répondu à l’IFOP qu’ils en avaient une image « très bonne », ou « plutôt bonne », c’est-à-dire une image positive. Seuls 14 % des Franciliens disent avoir une image « plutôt mauvaise », voire « très mauvaise », de leur agence. Le banquier qui lit ça est donc légitimement tenté de se réjouir. Pourtant, les 31 600 notes attribuées aux agences franciliennes racontent une autre histoire, une fois compilées et analysées par Sia Partners. En Île-de-France, la note moyenne attribuée aux agences atteint péniblement 2,57 sur 5, soit 10,28 sur 20. Nous sommes loin des 86 % d’opinions favorables de l’étude IFOP. Est-ce à dire que les banques et leurs clients ne vivent pas dans le même monde, ne voient pas la même chose, sont sujets à des biais, au même titre que les syndicats et les policiers ? Oui et non. Si les syndicats et les policiers produisent des chiffres divergents à partir d’une même manifestation, l’enquête de l’IFOP et l’étude du cabinet Sia Partners ne portent pas exactement sur les mêmes éléments, ne parlent pas de la même chose. Quand l’enquête de l’IFOP demande un avis général aux Français, l’étude de Sia Partners s’attarde quant à elle sur des avis particuliers, souvent laissés par des clients déçus, insatisfaits. Les deux études peuvent donc contenir une part de vérité, chacune de leur côté, sans se neutraliser pour autant. On peut très bien avoir une bonne opinion des banques en général, tout en conservant le souvenir d’un banquier particulièrement désagréable. Les deux sentiments ne sont pas irréconciliables. Pour les chiffres des syndicats et ceux de la police, c’est différent.

Le remboursement qui vient

Le prêt garanti par l’État (PGE) n’est pas un prêt bancaire comme les autres. Dans le cadre d’un prêt ordinaire, c’est la banque qui mène la danse. C’est elle qui fixe le calendrier de remboursement, et ce avant même que le crédit ne soit octroyé au client. Avec le prêt garanti par l’État, le rapport de force est comme inversé. C’est l’emprunteur qui tient le volant pendant que la banque occupe le siège passager. Dans le cadre d’un PGE, le client commence par toucher son crédit, puis il dispose d’un an (voire de deux s’il le souhaite) pour proposer un échéancier de remboursement à sa banque. Avec le PGE, la banque propose et le client dispose, elle ne peut pas imposer un échéancier à son client au moment où ce dernier signe son contrat de prêt. C’est le dirigeant qui décide, quelques mois avant le premier (ou le deuxième) anniversaire de son PGE, s’il souhaite le rembourser de suite, ou s’il préfère étaler ses remboursements sur plusieurs années — la durée totale du PGE ne pouvant excéder 6 ans. Face à ce choix, plusieurs stratégies de remboursement s’offrent aux entreprises. Les Échos rapportent que certaines PME ont choisi de ne pas rembourser leur PGE de suite, même quand elles le pouvaient, pour se ménager un peu de trésorerie en attendant le retour des beaux jours.

À quoi bon solliciter un PGE, si c’est pour ne pas y toucher ? Pour Vincent Rabérin, qui dirige des ateliers de maroquinerie, le PGE est un matelas de sécurité, un crédit de confort auquel il n’a certes pas touché, mais qui lui a permis de mieux dormir pendant que ses usines étaient à l’arrêt. Comme les dirigeants ne payent « que » les mensualités du PGE pendant les 12 (voire les 24) premiers mois du prêt, certains chefs d’entreprise acceptent de payer des intérêts dans le vent, en échange d’un peu d’argent frais. C’est le prix de la tranquillité. Hélas, toutes les PME ne peuvent pas se payer le luxe de laisser leur PGE sous cloche. Les Échos citent l’exemple de XTreeE, une société spécialisée dans l’impression 3D, qui a déjà utilisé les deux tiers de son PGE, et qui ne prévoit pas de le rembourser avant mars 2022. Dans le cas de XTreeE, un remboursement prématuré des mensualités du PGE viendrait casser le timide rebond que connaît l’entreprise, alors que ses activités repartent tout juste et que son chiffre d’affaires remonte à peine. Pour donner encore un peu plus d’air aux entreprises, le gouvernement souhaite faire passer la durée maximale du PGE de six à huit ans, ce qui laisserait plus de temps aux dirigeants pour rembourser. Mais la Commission européenne doit d’abord donner son accord. À suivre…

À parcourir

Apparemment, le mois de février que nous traversons est un mois parfait. (ouest-france.fr)

Si vous avez un compte courant Memo Bank, vous disposez désormais de 4 fonctionnalités supplémentaires pour gérer votre trésorerie. Nous en parlons sur notre site. (memo.bank/magazine)

Bien qu’ébréché, le groupe Duralex va être repris par Pyrex. Voilà qui met fin à 25 ans de flottement pour l’incassable Duralex, revendu en 1996 par Saint-Gobain et passé par tous les états depuis. (ina.fr)

Si vous dirigez une PME et que vous souhaitez réduire vos émissions de carbone, l’agence de la transition écologique (ADEME) vous propose une soixantaine d’aides pour financer votre modernisation énergétique. (agirpourlatransition.ademe.fr)

Les banques ont des problèmes de chèques. Alors que les paiements par chèque sont 10 fois moins courants que les paiements par carte, les fraudes sur les chèques dépassent celles sur les cartes. (lemonde.fr)

Des chiffres

Les médiateurs des entreprises, des experts indépendants dont le rôle se situe à l’intersection du soutien psychologique et du conseil juridique, ont été sollicités quatre fois plus par les dirigeants en 2020, par rapport à 2019. Le ministère de l’Économie, auquel les 90 médiateurs délégués sont rattachés, vient de publier des chiffres sur le sujet.

Des lettres

Les abus de langage les moins indiqués sont toujours ceux qui réussissent le mieux.

— Charles Péguy (1913). L’argent.

À pourvoir

Marketing. — Nous recrutons un rédacteur ou une rédactrice, avec de bonnes connaissances bancaires. Ne pas dire digital pour dire numérique est un plus.

Développement. — Nous avons plusieurs postes de développeur back-end à pourvoir. Si vous avez envie d’utiliser Elixir et Kotlin, écrivez-nous.

Développement. — Si vous préférez le JavaScript à Elixir, nous avons plusieurs postes de développeur front-end à pourvoir. Vous n’utiliserez pas JIRA.

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